Belgique : le premier congrès international de la chaire Mukwege prévu à Liège en novembre

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Le premier congrès international de la Chaire de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles dans les conflits (en abrégé « Chaire Mukwege ») se déroulera du 13 au 15 novembre prochains à l’université de Liège.

Le 1er avril dernier au Château de Colonster à Liège, le docteur Denis Mukwege a lancé les travaux du comité scientifique de la Chaire internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles dans les conflits, dont il est le président d’honneur, et qui a notamment pour but d’organiser le premier congrès international de la chaire prévu à Liège les 13, 14 et 15 novembre prochains. Le gynécologue congolais a également participé les 1er et 2 avril à tous les travaux de ce comité scientifique.

La Chaire « Mukwege » vise à créer un large réseau scientifique d’universités et de chercheurs, désireux de s’engager dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits. Elle entend défendre un « modèle holistique » de réponse à cette problématique complexe, en jetant des ponts entre les disciplines, entre pays du Nord et pays du Sud, et entre universités et ONG travaillant sur le terrain. Ce brassage des disciplines, des cultures et des savoirs, explique l’université de Liège, demande de l’humilité et de l’audace, mais surtout des valeurs. En outre, indique l’institution, beaucoup d’universités et d’associations humanitaires ont déjà témoigné de la solidité de leur engagement.

Un réseau de prestigieuses universités

A cet effet, le comité scientifique de la chaire, sous le pilotage de l’université de Liège, rassemble les universités ayant déjà décerné un doctorat honoris causa ou un doctorat à Denis Mukwege. Ces universités sont membres de droit du comité. On compte parmi eux l’université catholique de Louvain, l’université libre de Bruxelles (ULB), l’université de Liège et l’université d’Anvers (où le docteur Mukwege a obtenu le titre de Doctor honoris causa le jeudi 4 avril dernier), l’université d’Angers (France), l’université d’Uméa (Suède), l’université d’Édimbourg (Royaume Uni), l’université de Harvard (USA) et l’université de Manitoba (Canada).

Par ailleurs, indique l’université de Liège, se sont ajoutés à ces membres de droit, des membres individuels associés ayant tous une forte expérience académique dans le domaine, provenant du Canada (Montréal et Ottawa), d’Allemagne (Leipzig), des Pays-Bas et de RDC (Université Évangélique Africaine). En outre, fait-on savoir, la Fondation Panzi de la RDC et quelques représentants d’ONG travaillant depuis longtemps avec le docteur Mukwege comme Médecins du Monde, War Trauma, Les Enfants de Panzi et d’Ailleurs ont également été invités à siéger dans ce comité qui est amené à s’étendre dans l’avenir.

En vue de préparer le premier congrès international de la chaire Mukweke du 13 au 15 novembre 2019, la première journée de travail du comité scientifique à Liège a permis de dégager des synergies entre les membres, de définir des problématiques de recherche communes, et des projets d’enseignement. Pour sa part, la seconde journée a été consacrée à l’organisation de ce premier congrès international de la chaire, qui sera axé sur la violence faite aux enfants dans les conflits. Ce Congrès se tiendra à l’Université de Liège les 13, 14 et 15 novembre 2019. L’appel aux contributions est ouvert jusqu’au 2 juin.

Développer les recherches interdisciplinaires

L’annonce de la création de la chaire internationale sur « La violence faite aux femmes et aux filles dans les conflits » a eu lieu en septembre 2018, à l’occasion de la présence à l’université de Liège du docteur Mukwege pour y recevoir le titre de Docteur honoris causa.

La démarche, initiée par le professeur émérite (ULiège) Véronique De Keyser, députée européenne honoraire, fait suite aux premiers contacts du docteur Denis Mukwege en novembre 2013 avec les médecins du CHU de Liège dans le but de mettre sur pied des programmes de coopération, notamment en suivi psychologique.

La Chaire Mukwege vise à développer les recherches interdisciplinaires dans le domaine des violences sexuelles à l’égard des femmes et à fédérer sur cette thématique les connaissances de différents partenaires et universités en Belgique et dans le monde.

La Chaire est attachée au centre d’expertise en psychotraumatismes et psychologie légale, dirigé par le Pr Adélaïde Blavier à l’université de Liège. L’objectif est de créer un réseau international de recherches sur le thème des violences sexuelles subies par les femmes en situation de conflits, raison pour laquelle la chaire s’est ouverte à différentes universités qui ont déjà accueilli le Dr Denis Mukwege, notamment celles qui lui ont décerné un titre de Docteur honoris causa.

En Belgique, l’ULB travaille à l’hôpital de Panzi, créé par le Dr Denis Mukwege à Bukavu (province du Sud-Kivu), dans le domaine des formations aux techniques médicales et chirurgicales. Pour sa part, l’ULiège a établi depuis 2014 une étroite collaboration entre l’équipe de psychologues de l’hôpital de Panzi et celle du centre d’expertise en psychotraumatismes et psychologie légale (chercheurs et étudiants), avec l’appui du CHU de Liège et de l’Asbl Les Enfants de Panzi et d’Ailleurs (présidée par le Pr Véronique De Keyser).

Promouvoir des recherches transversales

La Chaire Mukwege, explique l’université de Liège, entend promouvoir des recherches transversales et développer les connaissances afin de mieux appréhender tant la prévention que le suivi des femmes victimes de violences sexuelles.

Pour ce faire, une conférence internationale sera organisée chaque année sur ce thème dans l’une des universités partenaires. La première conférence étant celle qui se tiendra à l’université de Liège en 2019.

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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