King Oyo, 26 ans, le plus jeune monarque au monde

Portrait

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est le 12ème souverain du royaume de Toro, l’un des quatre royaumes à la base de la création de l’actuelle Ouganda, avec les trois autres autres royaumes que sont le Buganda, le Bunyoro et le Busoga.

Les monarchies de ces royaumes avaient été abolies en 1967 par le gouvernement ougandais de l’ancien président Milton Obote, avant d’être restaurées en 1993, sous la présidence de Yoweri Museveni, mais en tant qu’« institutions culturelles » et avec des pouvoirs limités.

Le 23ème anniversaire du couronnement de King Oyo a eu lieu début septembre, en présence de nombreux invités.

Le roi, accompagné de la reine mère Best Kemigisa, de sa sœur la princesse Bagaya du Premier ministre du royaume, Bernard Tungakwo, ainsi que de nombreux invités, a ensuite accueilli des centaines de ses sujets dans son palais.

Avec la Reine Mère Best Kemigisa Kaboyo

Ambassadeur de bonne volonté d’ONUSIDA, King Oyo a récemment pris part à la 73 ème session de l’assemblée générale de l’ONU à New-York.

Il y a participé à plusieurs activités et rencontré plusieurs personnalités comme son homologue Mswati III, roi d’eSwatini (ex Swaziland),

le président centrafricain Faustin-Archange Touadera, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane, ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis ainsi que la plus jeune ministre au monde Shamma bint Suhail bin Faris Al Mazrui, ministre d’État chargé de la jeunesse des Émirats arabes unis, nommée ministre en 2016 à l’âge de 22 ans.

Il y a également rencontré les membres de la communauté du royaume Toro vivant aux USA.

Un royaume de plus de deux millions de personnes

King Oyo vit dans le palais royal de Fort Portal, un palais perché sur une colline dans le district de Fort Portal et dispose d’un autre palais dans la capitale ougandaise, Kampala, avec une équipe de sécurité.

Le Royaume Toro, composé de plus de deux millions de personnes et de 94 clans, est doté de paysages verdoyants, de parcs animaliers et de parcs nationaux, ce qui en fait une plaque tournante du tourisme en Ouganda, en dépit de ses défis socio-économiques.

Le roi Oyo, dont la mère est la plus grande source de soutien, espère apporter le changement nécessaire que ses sujets attendent, en mettant l’accent sur la santé et l’éducation.

«J’aimerais donner à mon peuple les moyens de le voir prospérer, de le sortir de la pauvreté, de lui donner une plate-forme ou un kit de survie pour qu’il n’ait pas à lutter pour envoyer ses enfants à l’école ou pour obtenir de l’argent pour ses transports. ou de les emmener à l’hôpital, alors qu’il n’y a pas beaucoup d’hôpitaux », a-t-il récemment déclaré.

Photo Benedicte Desrus /Sipa Press

Succession

Né le 16 avril 1992, Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est devenu « Omukama (roi) à l’âge de 3 ans dans ce royaume qui compte plus de deux millions d’habitants.

Il accédé au trône à la suite du décès de son père, Patrick David Mathew Kaboyo Olimi III.

Le 12 septembre 1995, une semaine après l’inhumation de son père, Il a été intronisé, après la cérémonie de passation de pouvoir qui dura deux heures.

Cette cérémonie comprenait notamment une simulation de bataille à l’entrée du palais opposant les forces ennemies d’un prince «rebelle» et les troupes de l’armée royale et une mise à l’épreuve du droit divin du jeune roi au trône.

Le jeune King Oyo avait également fait sonner le Nyalebe, un tambour sacré, comme ses ancêtres l’ont fait et a été béni avec le sang d’un taureau abattu et d’une poule blanche.À 4 heures du matin, il fut couronné roi au milieu de la liesse populaire et entra dans le palais en tant que nouveau souverain du royaume de Toro, sous le regard de sa mère la reine Best Kemigisa Kaboyo.

Son premier repas en tant que roi lui a été servi et consistait en de la pâte à base de mil.Les rituels culturels ont été couronnés par une cérémonie religieuse présidée par l’évêque anglican, Eustance Kamanyire.

Pendant la majeure partie des rituels de couronnement, Oyo n’aurait pas lâché sa petite voiture et, à un moment donné, il aurait même pleuré à l’attention de sa mère.Les rituels culturels ont été couronnés par une cérémonie religieuse présidée par l’évêque anglican, Eustance Kamanyire.

Favoriser le bien être de ses sujets

Au regard de son jeune âge, Trois régents avaient été chargés pour superviser l’évolution du roi Oyo dans son nouveau rôle et de s’occuper des affaires culturelles du royaume pendant son enfance et sa jeunesse : sa mère, la reine mère Best Kemigisa Kaboyo, sa tante / marraine, la princesse Elizabeth Bagaaya et le président Yoweri Museveni, qui est toujours aujourd’hui un des conseillers du roi.

King Oyo a fait l’école maternelle à Londres en Angleterre, avant d’intégrer la Kampala International School en Ouganda.

En 2010, il a commencé ses études à l’université de Winchester, à Winchester, dans le Hampshire, en Angleterre, d’où il est sorti, en 2013, avec un diplôme en gestion des affaires.

Le Roi Oyo a pris ses fonctions en 2010, quand il a atteint la majorité et n’a donc plus de régent, étant désormais le seul maître à bord.

Le jeune roi supervise actuellement un cabinet qui comprend un Premier ministre, un conseil d’administration et des conseillers.

Le chef de la tribu Batooro (le groupe qui constitue la majeure partie du royaume de Toro), a comme principale mission de recueillir des fonds et de faire du lobbying pour la réalisation des projets culturels, éducatifs et socio-économiques afin de favoriser bien-être de ses sujets.

Ainsi, en 2015, il s’est rendu aux Émirats arabes, où il a rencontré des responsables pour s’informer des meilleures pratiques et discuter des opportunités de collaboration et d’investissement.

Protégé de Kadhafi

Par ailleurs, le regretté colonel Muamar Kadhafi, ancien président de la Libye, était un protecteur du Royaume de Toro qui entretenait des liens étroits avec la famille royale.

Le roi Oyo, alors âgé de 9 ans, avait nommé Kadhafi « le défenseur » du Royaume et l’avait invité à assister aux célébrations du 6e anniversaire de son couronnement en 2001.

Mouamar Kadhafi était un grand donateur du Royaume et a notamment financé la rénovation du palais royal de Fort Portal en 2001.

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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