Kenya : Olivia Mengich, créatrice de la marque de poupées « Swahili Princess »

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L’entrepreneure de 32 ans vient d’être promue « corporate culture deputy manager» (responsable adjointe de la culture d’entreprise) d’Africa Star Railway Operations, filiale de China Road and Bridge Corporation (CRBC), elle-même filiale de China Communications Construction Company, entreprise de Fortune Global 500, spécialisée dans les projets mondiaux de génie civil et de construction tels que les autoroutes, les voies ferrées, les ponts, les ports et les tunnels. L’entreprise a notamment construit le chemin de fer Nairobi-Mombassa, longue de 472 kilomètres.

Nommée en même temps que 3 autres personnes à des postes de directions, elle rejoint plus de 200 autres Kényans occupant déjà des postes de direction, alors que la société passe à la deuxième phase de construction du chemin de fer à voie normale du Kenya.

Avant cette nomination, Olivia Mengich était déjà Senior Corporate Affairs Officer de CRBC, chargée de développer et de mettre en œuvre la stratégie marketing et de communication de l’entreprise, des relations avec les médias, du marketing numérique, de la gestion des événements et de la responsabilité sociale des entreprises.

Un parcours dans différents secteurs

Ambassadrice culturelle et spécialiste du marketing, Olivia Mengich est la créatrice de « Swahili Princess », une ligne de poupées de mode d’inspiration africaine lancée en 2016. La marque produit les premières poupées en vinyle d’Afrique de l’Est destinées au marché local. La poupée, selon la créatrice, reflète la beauté et symbolise la confiance en promouvant la beauté, la culture et la mode africaines. Swahili Princess, selon sa créatrice, vise à autonomiser les filles africaines et à avoir un effet positif sur leur développement.

Olivia Mengich est titulaire d’un double diplôme en criminologie et en géographie humaine, obtenu au Campus sud-africain de la Monash University, la plus grande université d’Australie avec environ 55 000 étudiants. A son retour au pays, il lui a été difficile de trouver un emploi dans son domaine d’études. Elle s’est alors intéressée à l’entrepreneuriat et a entrepris en Master en business administration, option entrepreneuriat.

Par la suite, elle a décroché un emploi dans le département des ventes et du marketing d’une société de logiciels. Elle a également travaillé en tant que chef de marque et organisatrice d’événements pour diverses entreprises comme KCB Bank Kenya et Jumia. Elle a également été, pendant près d’une année, journaliste économique sur la chaîne de télévision kényane « K24 »,la première chaîne de télévision kényane à diffuser en direct sur Internet.

Mais, après ce passage dans le secteur des médias, elle a préféré revenir dans l’entrepreneuriat et a aussi été consultante en marketing en plus de diriger sa propre entreprise.

Combler une lacune en Afrique de l’Est

Olivia Mengich a déclaré avoir lancé sa marque de poupées après avoir constaté une lacune sur le marché des poupées en Afrique de l’Est, au moment où d’autres régions comme l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique australe et le monde musulman ont leurs propres versions locales de poupées. « J’ai réalisé que psychologiquement, les petites filles sont influencées par ce qu’elles voient dans leur environnement. À l’âge de six ans, la plupart des jeunes filles commencent à jouer avec le maquillage, essayant d’imiter leur mère ou d’autres modèles féminins dans l’environnement. L’idée que la femme blonde aux yeux bleus et à la peau claire est l’incarnation de la beauté s’est beaucoup répandue . Rétrospectivement, certaines filles africaines aux cheveux crépus et à la peau plus foncée ne se considèrent pas aussi belles. Swahili Princess a diverses nuances de teint plus foncé qui représentent les Africains; cela les inciterait automatiquement à apprécier notre couleur et nos cheveux », a fait savoir l’entrepreneure au media kényan The Standard.

Les poupées de « Swahili Princess » sont vêtues avec les tissus Kitenges que l’on retrouve en Afrique de l’est ainsi qu’avec le tissu traditionnel kényan Maasai Shuka. Elles sont coiffées avec des tresses, des cheveux noirs et afro et raides pour les filles qui aiment se peigner les cheveux et aussi pour représenter les différentes coiffures que préfère la femme est-africaine.

Pour des raisons financiers, les poupées étaient d’abord fabriquées en Chine. Les échantillons envoyées par l’entreprise chinoise avaient la peau claire. Olivia Mengich les a habillées avec des vêtements africains et elles avaient des coiffures afro, mais ses clients, qui ont compris son concept, ont continué à demander pourquoi la couleur de la peau était toujours blanche.

Olivia Mengich a ainsi trouvé un autre fabricant qui pour avoir des poupées à la couleur noire car le premier ne pouvait pas le faire. Les poupées étaient vendues via sa propre page Facebook, mais après un certain temps, la demande a augmenté et sa page Facebook ne pouvait plus soutenir l’activité. L’entrepreneure a ainsi créé un site Web Swahili Princess et une page Facebook dédiée pour répondre à la demande croissante. Les frais de livraison en moto se révélaient également coûteux. C’est à ce moment-là qu’elle a approché le magasin Toy World au Kenya qui a accepté de stocker et de vendre les poupées de la marque Swahili Princess, une étape importante dans le développement de l’entreprise.

Une startup florissante

Depuis lors, l’équipe a énormément grandi et l’entreprise dispose d’un un atelier où plusieurs employés stylisent les poupées. « À mesure que la demande augmentait, j’ai appris que fabriquer plus de poupées coûtait moins cher qu’importer moins de poupées. J’ai aussi appris quelques secrets commerciaux dans l’industrie du jouet, notamment que la plupart des gens achètent des jouets pendant les vacances, plus encore pendant la saison des vacances de Noël. Janvier est le mois le plus sec pour la plupart des vendeurs de jouets. Pendant la campagne électorale et la campagne électorale de 2017, les ventes ont complètement chuté », a fait savoir la jeune entrepreneure, dont les produits sont destinés aux enfants âgés de plus de six ans. « Mes deux nièces sont mon inspiration et je les laisse jouer avec les poupées uniquement pour avoir une idée de ce que les jeunes filles peuvent vouloir dans un produit ».

Ainsi, Olivia Mengich planifie de concevoir une autre poupée appelée « Keza » pour les filles de moins de 6 ans. Ce sera une poupée plus moelleuse car, selon ses recherches, cette tranche d’âge préfère ces poupées aux filles plus âgées qui aiment les poupées de mode. Elle prévoit également de lancer un livre et une série d’animation pour Swahili Princess. Le livre, qui a été écrit en kiswahili et traduit en anglais, sera, selon elle, un complément parfait à la gamme de poupées. Tous ces produits, selon Olivia Mengich, donneront plus de pouvoir à la jeune fille d’Afrique de l’Est, mais aussi au garçon.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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