8ème art:Gosette Lubondo sélectionnée pour le prix de la photographie africaine contemporaine

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La photographe congolaise fait partie des 25 lauréats présélectionnés pour ce prix international de la photographie. Les 25 artistes ont été sélectionnés par un jury international parmi des centaines de candidatures. Cinq des artistes présélectionnés seront récompensé par le prix CAP 2020 pour la photographie contemporaine africaine qui sera annoncé à photo basel en septembre 2020.

En mars 2020, un ouvrage rassemblant les œuvres de Gosette Lubondo,réalisées entre 2013 et 2019, a été publié à l’occasion de la première exposition individuelle de l’artiste.

Née à Kinshasa en 1993, où elle est basée, Gostte Lubondo est une photographe et artiste visuelle congolaise. Elle est diplômée en communication visuelle de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Inspirée,dès son plus jeune âge par le travail de son père, photographe de profession, Gosette Lubondo s’essaie à la photographie de studio dès l’âge de 14 ans et participe à plusieurs ateliers de collectifs kinois. En 2013, elle travaille avec le photographe Bruno Budjelal, dans un atelier organisé par le collectif « Eza Possible » à Kinshasa et elle a aussi pris part au workshop « Les Lieux » animé par le photographe belge Alexandre Christiaens.

En 2014 elle obtient son diplôme en communication visuelle à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et participe,à Kinshasa, à sa première exposition, « Lady by Lady », événement organisé par le Centre Wallonie-Bruxelles,en partenariat avec le KinArtStudio.

Mémoire et histoire

Dans son travail,Gosette Lubondo, aborde le thème de la mémoire et de l’histoire des espaces mais aussi des personnes. La jeune artiste utilise la photographie pour créer une intersection entre le présent et le passé et constitue également une archive du futur, tant par la mise en scène que par l’autoportrait.

En 2015, la photographe a participé aux échanges et lectures de portfolios organisés dans le cadre de la biennale photographique de Bamako avec le soutien du Goethe Institut de Johannesburg et sous l’égide du critique d’art Simon Njami. Sa série « Imaginary Trip » a été présentée dans le cadre de la biennale 2016 de Kampala (Ouganda) et lors de l’édition 2017 de Art Paris Art Fair où elle est représentée par la galerie L’Agence à Paris.

Voyage imaginaire

Membre du KAS, le Kin ArtStudio, plateforme culturelle fondée à Kinshasa en 2010,Gosette Lubondo a été lauréate des résidences photographiques du Musée du Quai Branly en 2017 grâce à sa série « Imaginary Trip II » et aussi finaliste du Goethe Institut Masterclass.

Le projet photographique Imaginary Trip II s’inscrit dans la continuité des recherches de l’artiste sur la mémoire des espaces et des individus. « Développé en 2016 avec sa série Imaginary Trip I, le « voyage imaginaire » est un concept qui consiste à investir des espaces abandonnés, livrés à la nature, afin d’y camper des mises en scène et reconstitutions. Ces photographies ne cherchent pas uniquement à préserver la mémoire de ces lieux, mais également à donner un nouvel éclairage de leur histoire, et à questionner leur signification dans le contexte sociétal actuel »,avait indiqué le musée du Quai Branly.

Pour les Résidences photographiques du musée du quai Branly – Jacques Chirac, Gosette Lubondo avait choisi de travailler dans l’ancienne école du village de Gombe Matadi, dans la province du Kongo Central. Fondée en 1936, à l’époque du Congo belge, par le frère Adrien, membre de la Congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes, l’école centralisait,à l’époque, l’enseignement des nouveaux collégiens issus des écoles rurales de la région, d’où son nom d’« École centrale ». Internat de prestige très sélectif, l’école pouvait à l’époque accueillir jusqu’à 500 élèves.

« En se confrontant à ce lieu du passé, la photographe Gosette Lubondo questionne autant l’Histoire de son pays que son histoire personnelle. C’est en effet par ses parents qu’elle a pris connaissance de ce lieu fantôme, qui représente pour la génération dont ces derniers sont issus, un fantasme, un rêve figé dans le temps. En se mettant par ailleurs en scène aux côtés d’autres modèles sous les traits de personnages fictifs du passé, écoliers, enseignants ou encore personnel de l’établissement, la photographe cherche à raviver l’histoire de ce lieu, témoin historique de l’époque coloniale. Ses photographies, figurant des personnages anonymes, sous un aspect fantomatique et dans une temporalité ambiguë, interrogent la réalité de ces lieux ruinés »,explique le Quai Branly.

Par ailleurs, Gosette Lubondo a participé à plusieurs autres expositions collectives à travers le monde : Seven Hills (Biennale de Kampala) 2016 ; Héliotropisme, Collection si Particulière, à Arles, en 2017 ; Éblouissement (Biennale de Lubumbashi), au musée national de Lubumbashi en 2017;Stories (African Business and Economic Forum), en Égypte 2017 ; Kinshasa Chronique (Musée international des Arts Modestes, France) 2018 ; Congo Stars (Joanneum Museum, Autriche) 2018 ; Addis Foto Fest en 2018.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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