Angola: Adjany Costa, 29 ans, lauréate du prix «Young Champions of the Earth» d’ONU environnement

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L’angolaise de 29 ans est l’un des sept lauréats d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie et du Pacifique, d’Europe et d’Asie occidentale. Ces derniers recevront leur prix lors de la cérémonie des Champions de la Terre à New York le 26 septembre, qui coïncide avec la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies et le Sommet pour l’action pour le climat.

Adjany Costa a remporté le Prix des jeunes champions de la Terre pour ses efforts en faveur de la préservation des précieux points chauds de l’eau et de la biodiversité en Angola. Le climat et l’environnement seront au centre des discussions de la prochaine assemblée générale de l’ONU.

Les jeunes champions de toutes les régions reçoivent un financement de démarrage, un mentorat et un soutien en matière de communication pour amplifier leurs efforts. Ce prestigieux prix , créé par Covestro, est décerné chaque année par UN Environnement aux jeunes environnementalistes âgés de 18 à 30 ans pour leurs idées remarquables en matière de protection de l’environnement.

Photo James Kydd.

Plus de 1000 candidatures ont été enregistrées cette année et 35 finalistes avaient été retenus par un jury mondial, composé du directeur général de Covestro, Markus Steilemann, de la directrice exécutive adjointe du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Joyce Msuya, de la correspondante de VICE News pour la science et le changement climatique, Arielle Duhaime-Ross, de l’envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour les jeunes, Jayathma Wickramanayake et de Kathy Calvin, présidente-directrice générale de la Fondation des Nations Unies.

Directrice pour National Geographic

Adjany Costa est une écologiste et ichtyologiste basée en Angola. L’ichtyologie est la branche des sciences naturelles qui étudie les poissons des points de vue phylogénétique, morphologique, anatomique, physiologique, écologique, éthologique et systématique.

Adjany Costa est actuellement directrice du projet Okavango Wilderness de National Geographic, qui consiste à explorer et à arpenter le bassin du fleuve Okavango en Afrique afin de protéger son écosystème vital. L’Okavango est le troisième cours d’eau d’Afrique australe par sa longueur. Il prend sa source près de la ville de Huambo en Angola central, avant de traverser la Namibie pour atteindre le Botswana.

Le grand bassin est la plus grande zone humide d’eau douce d’Afrique australe et son delta abrite l’une des plus grandes populations d’éléphants du monde, des populations importantes de lions, de guépards, de centaines d’espèces d’oiseaux ainsi que de nombreux animaux sauvages parmi les plus emblématiques de l’Afrique . Le delta de l’Okavango est la principale source d’eau pour plus d’un million de personnes et abrite la biodiversité la plus riche de l’Afrique, un des derniers endroits sauvages de la planète.

Le bassin est partagé entre l’Angola, la Namibie et le Botswana. Son delta, au Botswana, abrite une faune abondante et emblématique.La rivière Cuito, un affluent du delta de l’Okavango, qui maintient ses niveaux d’eau, est essentielle à la préservation de tout l’écosystème.

Adjany Costa fait partie d’une équipe de chercheurs et d’experts africains locaux, ainsi que de cinéastes, photographes et écrivains de National Geographic, explorant le bassin de la rivière Okavango depuis ses sources situées en Angola jusqu’au delta du Botswana. Ensemble, ils étudient la région pour enregistrer sa biodiversité extraordinaire, recueillir des informations sur la santé des eaux. Et documenter les progrès réalisés grâce à des images et des sons.

En plus d’étudier les poissons d’eau douce dans les bassins des rivières Okavango et Cuando, Adjany Costa espère créer une zone de protection marine le long de la côte sud-ouest de l’Angola, adjacente à la côte des squelettes en Namibie. Adjany Costa est détentrice d’un Master en biologie marine et elle suit actuellement son cursus de doctorat. Adjany Costa a grandi en voyageant dans les parcs de l’Afrique australe et a participé à plusieurs expéditions différentes dans le bassin de la rivière Okavango pour étudier les poissons d’eau douce du système.

Travailler avec la communauté

La solution qu’elle propose consiste à travailler avec la communauté de Luchaze dans les hautes terres de l’Angola oriental. À mesure que les communautés reviennent sur les terres, il est essentiel de protéger la forêt de Miombo, source d’une riche biodiversité, afin d’éviter la dégradation de l’environnement.« La rivière Cuito, au bord de laquelle réside la communauté de Luchaze, est essentielle au maintien des niveaux d’eau de l’Okavango dans trois pays.En étudiant la biologie, ce qui m’a le plus frappé est la manière profonde dont toute la nature est liée», fait-elle savoir. « J’ai réalisé, en travaillant avec la communauté, que si elle protégeait les zones boisées et les rivières et nourrissait sa faune, ce serait fondamental pour la préservation de tout l’écosystème. Je me suis également rendu compte qu’à la suite de la guerre, ces communautés ont perdu leur lien avec leur environnement. »

L’objectif d’Adjany Costa est de protéger les paysages et de travailler en collaboration avec les communautés pour leur fournir un avenir à long terme au sein de ces paysages. Une partie de ce travail passe par la narration visuelle. Adjany Costa travaille ainsi sur une série de graphiques et d’ouvrages visant à documenter l’héritage de la communauté et à éduquer les membres les plus jeunes.

Le récit mythologique de la valeur de la conservation, par exemple, est un projet d’ouvrage mené avec les aînés, destiné à documenter la narration orale autour de gardiens de la forêt et des rivières mythiques, en rapportant des messages environnementaux puissants. Une adaptation sera faite pour les plus jeunes afin de leur apprendre différentes histoires sur les forêts et les rivières et les aider à se connecter à leur environnement.

Adjany Costa figure notamment dans le documentaire de National geographic intitulé « Into the Okavango » qui raconte l’histoire de la première expédition d’une équipe d’explorateurs pendant quatre mois sur 1 500 km dans les trois pays que traverse l’Okavango. Le fil a notamment été diffusé au festival de Tribeca à New-York.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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