Le docteur Denis Mukwege, a officiellement reçu le Prix Nobel de la paix

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Le prestigieux prix lui a été décerné officiellement ce lundi 10 décembre à Oslo, en même temps qu’il a été remis à l’autre lauréate, l’irakienne Nadia Murad, en présence de plusieurs personnalités dont certains anciens lauréats du Prix Nobel de la Paix.

Le Prix Nobel de la paix a été décerné au docteur Mukwege pour ses efforts visant à mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre et de conflit armé « . A cette occasion, le médecin congolais de 63 ans a appelé la planète à cesser d’ignorer les victimes de violences sexuelles en temps de conflit, estimant que la seule guerre qui vaille est celle contre l’indifférence.

« Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard », a affirmé le gynécologue lors de la réception de son prix. « Fermer les yeux sur ces crimes, c’est s’en rendre complice », a fait savoir le médecin.

Lors de l’attribution du prix en octobre dernier, médecin congolais avait déclaré que ce prix Nobel est une reconnaissance des souffrances des femmes victimes de viol et de violences sexuelles, de la nécessité d’obtenir une juste réparation en leur faveur et de l’espoir de tracer une ligne rouge contre l’utilisation du viol dans les conflits armés.

Fils d’un pasteur pentecôtiste, le docteur Denis Mukwege a effectué ses études primaires à l’athénée royal de Bukavu et ses études secondaires à l’institut Bwindi de Bukavu, où il a obtenu un diplôme en biochimie en 1974.

Après deux années passées à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) à la faculté de polytechnique, il trouve sa voie en s’inscrivant, en 1976, à la faculté de médecine du Burundi, où il obtient son diplôme de médecin en 1983. Il débute sa carrière à l’hôpital de Lemera au sud de Bukavu, avant d’obtenir, en 1984, une bourse de la Swedish Pentecostal Mission pour effectuer une spécialisation en gynécologie à l’université d’Angers en France.

Avec un habitant de cette ville, il fonde l’association Esther Solidarité France-Kivu pour aider sa région d’origine. Le 24 septembre 2015, il décroche son doctorat en sciences médicales à l’université Libre de Bruxelles à la suite de la défense de sa thèse de doctorat intitulée « Étiologie, classification et traitement des fistules traumatiques uro-génitales et génito-digestives basses dans l’est de la RDC ».

Malgré un travail bien rémunéré en France, il choisit de retourner au Congo en pour s’occuper de l’hôpital de Lemera, dont il devient le médecin directeur.

Lors de la première guerre qui a sévi en RDC en 1996, l’hôpital est brutalement détruit. Plusieurs malades et infirmiers sont assassinés, avec beaucoup de chance, le Dr Denis Mukwege a la vie sauve et se réfugie à Nairobi.

Par la suite, il décide néanmoins de retourner au Congo et, avec l’aide du Pingstmissionens Utvecklingssamarbete (PMU), organisme caritatif suédois, il fonde l’hôpital Panzi à Bukavu, où il va découvrir une pathologie nouvelle qui va profondément marquer le restant de sa carrière : la destruction volontaire et planifiée des organes génitaux des femmes.

Pour faire, face à cette épidémie volontaire, il s’est spécialisé dans la prise en charge générale des femmes victimes de viols collectifs sur le plan physique, psychique, économique et juridique.

Le docteur Mukwege est reconnu comme l’un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules. Au cours de l’année 2010, il a reçu à la fois un doctorat honoris causa de l’université d’Umeå (Suède) ainsi que la médaille Wallenberg de l’Université du Michigan.

Le 25 octobre 2012, il est victime d’une agression alors qu’il se dirige vers sa maison en plein centre de Bukavu. Le gardien de sa maison est abattu à bout portant après l’avoir alerté d’un danger, sa voiture est incendiée, il est ligoté, mais les habitants du quartier se portent à son secours, ce qui lui permet de s’en sortir sain et sauf. Il s’exile alors quelques mois en Belgique puis revient au Congo-Kinshasa.

Son nom a été cité pour le prix Nobel de la paix 2013, aux côtés, entre autres, de la Pakistanaise Malala Yousafzai et de la magistrate guatémaltèque Claudia Paz y Paz.

En 2015, le film « L’homme qui répare les femmes » est consacré à son parcours.

Prix Reçus :

2008 : prix Olof Palme et le prix des droits de l’homme des Nations unies.

2009 : prix français des droits de l’homme ; Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur ;

2010 : prix Van Goedart aux Pays-Bas.

2011 : En Belgique, prix Jean-Rey ; prix Roi-Baudoin et prix de paix de la ville d’Ypres, qui lui est remis en novembre 2011.

En Allemagne German media prize.

2013 : Grand prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits.

2014 : Docteur honoris causa de l’université catholique de Louvain (UCL)

Prix de la fondation Clinton

Prix Right Livelihood.

EInamori Prize for Ethics (Japon-États-Unis)

Prix Primo Levi (Italie),

Prix Solidaris de l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles (Belgique)

Médaille de l’Académie royale des sciences d’outre-mer (Belgique).

Le 21 octobre : Prix Sakharov, remis le 26 novembre 2014 au Parlement européen à Strasbourg, au cours d‘une séance solennelle.

La promotion 2014-2016 de directeurs d’hôpital de l’École des hautes études en santé publique située à Rennes porte son nom et il en est le parrain.

2016

Prix de « Héros pour l’Afrique », accompagné d’un chèque de 100 000 euros, décerné par la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique, remis au Parlement européen.

Le 24 mars 2016 : Prix Renfield de Pennsylvania University à Philadelphie, accompagné d’un chèque de 100 000 dollars américains.

Le 21 avril 2016 lui est décerné en présence du roi Willem-Alexander des Pays-Bas, de la reine Màxima, et de la princesse Beatrix le Prix des Quatre Libertés de la Fondation Franklin Delano-Roosevelt pour la Liberté de Vivre à l’Abri du Besoin.

Il apparaît dans le Time 100 en 2016

 

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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