La Chine a signé son premier accord de libre échange avec un pays Africain

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La Chine et Maurice ont signé un accord de libre-échange (ALE) le 17 octobre. Il s’agit du premier ALE de la Chine avec un pays africain. L’accord donnerait à Maurice un accès en franchise de droits à environ 8 547 produits, représentant 96% des lignes tarifaires chinoises.

L’ALE couvre plus de 40 secteurs de services, notamment les services financiers, les télécommunications, les TIC, les services professionnels, la construction et les services de santé. Les ressortissants mauriciens pourront également créer des entreprises en Chine en tant qu’entités à part entière et dans le cadre de partenariats avec des opérateurs chinois.

L’Accord comprend 17 chapitres couvrant notamment le commerce des marchandises, les mesures sanitaires et phytosanitaires, les obstacles techniques au commerce, la concurrence, la propriété intellectuelle, le commerce électronique, le commerce des services, les investissements, la coopération économique.

Ainsi, indique-t-on, grâce à la zone de libre-échange, les entreprises mauriciennes pourront accéder à un vaste marché de 1,4 milliard de personnes, ce qui donnera un élan bienvenu aux entreprises exportatrices de sucres spéciaux, rhum, thé noir, thon, produits horticoles, aliments transformés, etc. artisanat, textiles et vêtements haut de gamme, diamants taillés, etc.

Maurice va bénéficier d’un accès en franchise de droits sur le marché chinois pour environ 8 547 produits représentant 96% des lignes tarifaires chinoises. 88% seraient éliminés avec effet immédiat et les droits restants sur une période de cinq à sept ans. Maurice exportera 50 000 tonnes de sucre spécial, à un taux de 15%, à introduire progressivement sur le marché chinois sur une période de huit ans.

En ce qui concerne le commerce des marchandises, la Chine et Maurice atteindront à terme des droits nuls sur 96,3% et 94,2% des positions tarifaires, ce qui représente 92,8% du volume des importations des deux pays.

Pour les autres positions tarifaires de Maurice, les tarifs seront également considérablement réduits et les tarifs maximaux pour la plupart des produits concernés ne dépasseront pas 15%.

Les principales exportations de la Chine vers Maurice, telles que les produits sidérurgiques, les textiles et autres produits industriels légers, en bénéficieront. Le sucre spécial produit à Maurice pénétrera également progressivement sur le marché chinois.

Pour ce qui est du commerce des services, la Chine et Maurice ont toutes deux promis d’ouvrir 130 sous-secteurs. Maurice ouvrira plus de 130 sous-secteurs dans d’importants domaines de services tels que les communications, l’éducation, la construction, la finance, le tourisme, la culture, les transports et la médecine traditionnelle chinoise en Chine. C’est le plus haut niveau d’ouverture dans le domaine des services à Maurice jusqu’à présent.

Dans le domaine de l’investissement, explique-t-on, l’accord a été considérablement amélioré par rapport à l’accord bilatéral de protection des investissements conclu entre la Chine et Maurice en 1996 en termes de portée de la protection, de niveau de protection et de mécanisme de règlement des différends. C’est la première fois que la Chine actualise son précédent accord de protection des investissements avec un pays africain.

Dans le cadre du chapitre sur la coopération économique de l’Accord, Maurice et la Chine ont convenu de collaborer dans dix domaines, dont le développement industriel visant à améliorer la compétitivité, la fabrication basée sur l’innovation et la recherche, l’échange de spécialistes et de chercheurs afin de diffuser le savoir-faire et de soutenir les technologies, l’innovation et la mise en place d’un centre de compensation du renminbi (ou Yuan devise nationale chinoise) à Maurice.

Par ailleurs, grâce à cet accord, indique-t-on, les entreprises chinoises pourront bénéficier de l’accès préférentiel de Maurice aux marchés régionaux en Afrique, tels la SADC et le COMESA; utiliser le pays com- me un centre de distribution et de valeur ajoutée; et, parallèlement, permettre aux producteurs locaux d’écouler plus de produits sur le marché chinois dans des conditions plus favorables.

Les relations diplomatiques officielles entre Maurice et la Chine ont été établies le 15 avril 1972. Les négociations de l’ALE ont débuté depuis 2017 et l’accord fait partie de la stratégie de développement triennal de l’île Maurice jusqu’en 2021, qui vise à dissocier l’île de sa dépendance vis-à-vis de l’Europe et à renforcer son intégration économique dans l’association des nations de l’Asie du Sud-Est .

La Chine a largement contribué au développement de Maurice et a financé d’importantes infrastructures économiques et sociales, notamment son aéroport international, ses autoroutes, ses stades, ses transports en commun, ses hôpitaux, ses logements sociaux, etc.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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