Lieutenant T et lieutenant Y,pilotes d’élite de l’armée israélienne

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Originaires respectivement de la Côte d’Ivoire et d’Éthiopie, le lieutenant Tav est la première ivoirienne à intégrer les forces aériennes et spatiales israéliennes (IAF), tandis que le lieutenant Yod est le premier pilote de combat d’origine éthiopienne.

Comme pour tous les pilotes de l’armée de l’air israélienne, le nom du pilote ne peut être divulgué pour des raisons de sécurité. Il ne peut être mentionné que par son grade et la première lettre hébraïque de son nom.

Selon l’IAF, sur les quelque 600 cadets qui ont réussi les tests préliminaires pour suivre ae prestigieuse formation de pilotage, environ les deux tiers abandonnent la première année et seuls 30 à 40 de ceux qui restent réussiront le cours. L’écrasante majorité de pilotes de combat de l’armée de l’Air israélienne sont toujours des hommes, cela est surtout dû aux impératifs physiques très exigeants de la profession.

En 1949, l’armée israélienne a été la première au monde à introduire le service militaire obligatoire pour les hommes et les femmes. En 1951, Yael Rom est devenue la première femme diplômée du prestigieux cours de pilotage. Mais peu de temps après, les femmes se sont vues interdire d’occuper des postes de combat, y compris de devenir pilotes. En 1993, Alice Miller, une immigrante sud-africaine, a engagé des poursuites contre l’armée israélienne afin d’obtenir le droit de s’enrôler dans l’armée de l’air. Bien qu’elle ait été déclarée médicalement inapte au rôle de pilote, ses actions ont brisé le plafond de verre dans l’IAF et ont ouvert le cours de pilotage aux femmes.

Pilote juive religieuse

Le lieutenant Tav est la seule femme diplômée de l’académie de pilotage militaire israélienne en 2019. La Promotion était composée de 40 personnes.

La cérémonie de remise des diplômes a eu lieu le 25 décembre à la base aérienne d’Hatzor, dans le centre d’Israël, en présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense Naftali Bennett, du chef d’état-major, le lieutenant-général Kadhafi. Aviv Kochavi et le commandant des forces aériennes, le Général de division Amikam Norkin.

Le lieutenant Tav a effectué une formation d’ingénieur de vol sur un avion cargo.Après avoir terminé la prestigieuse formation, elle est devenue l’une des dizaines de pilotes femmes à obtenir le diplôme de pilote de l’armée de l’Air israélienne depuis qu’une décision de la Cour suprême du pays a imposé à l’armée d’autoriser les soldates à intégrer le programme. Elle est actuellement membre d’équipage aérien dans l’escadron de transport. «Je pensais que le cours de pilotage était impossible.Mais j’ai réalisé qu’avec beaucoup de travail et de motivation interne, on peut aller loin », a déclaré le lieutenant Tav dans une vidéo diffusée par l’armée israélienne.

Issue d’une famille religieuse, le lieutenant Tav,Seulement identifiée par son grade et la première lettre de son nom, estime que ce n’est pas son apparence qui la définit car, ce qui est important, c’est la façon dont elle effectue son travail. « La première chose que vous verrez est probablement ma couleur de peau, ou que je suis une fille ou que j’ai des tresses », a déclaré le lieutenant Tav en décembre 2019 à la télévision Channel 12,selon des propos repris par Times of Israël. « Après une conversation de deux phrases, vous verrez que ce ne sont pas mes qualités principales, il y a d’autres choses »,a-t-elle fait savoir dans des propos repris part Times of Israël.

Le lieutenant Tav a grandi dans un foyer religieux à Jérusalem avec ses parents. Son père ivoirien s’est installé en Israël depuis plus de 20 ans, en provenance de la côte d’Ivoire, tandis que sa mère,une française, y est arrivée depuis la France.

Le lieutenant Tav a expliqué son engagement au sein de Tsahal(l’armée israélienne) par le fait que c’était important pour elle de sortir de sa zone de confort. « Je ne suis pas la femme religieuse classique que l’on pourrait imaginer. Je suis l’une de ces filles religieuses dont l’histoire ne se résume pas qu’à ça », indique-t-elle. « J’aime les défis. Pour moi, c’est important d’être dans un endroit qui n’est pas confortable, ce n’est pas simple pour moi ici, j’ai besoin de travailler dur pour y arriver », révèle-t-elle.

En grandissant, même si elle a fait face à des commentaires d’autres enfants sur sa couleur de peau le lieutenant Tav ne s’est jamais laissée influencer par ces critiques. « Je dirais à chaque enfant qui se sent dénigré que c’est une question de point de vue et que cela ne vous retire rien… c’est quelque chose d’extérieur ».

Le lieutenant Tav a reconnu qu’il était parfois difficile d’être la seule femme parmi les 40 pilotes de la promotion, soulignant qu’à la fin d’une « semaine très dure » elle rentrait dans sa chambre, seule. « D’un autre côté, c’est une chance de dire, ‘Ok, ce n’est pas grave’. Je suis une fille et c’est un garçon mais ce n’est pas grave ; nous avons tous les deux un rôle à jouer, nous voulons tous les deux faire de notre mieux et c’est ce qui compte », a-t-elle déclaré lors de son interview relayée par Times of Israël.

Interrogée sur la question de savoir si elle est dérangée par les commentaires autour du fait qu’elle est la seule pilote femme à avoir fini la formation, elle a fait savoir que ces remarques en disent plus sur la société israélienne que sur elle. Le plus important pour le lieutenant Tav est d’être en accord avec sa profession.« Au final, il faut surtout savoir ce que l’on veut apporter avec soi dans son travail, pas seulement les caractéristiques extérieures.Ce qui compte vraiment, c’est qui je suis dans le cockpit, comment je travaille avec une équipe, et mon niveau de professionnalisme », a-t-elle déclaré.

Premir pilote de combat d’origine éthiopienne en Israël

En 2018, le lieutenant Y,25ans, est devenu le premier pilote de combat d’origine éthiopienne de l’armée israélienne. « Être membre des escadrons aériens et servir dans l’une des unités les plus importantes de Tsahal est pour moi un grand honneur », a déclaré le lieutenant Y, dont l’identité n’est pas divulguée, comme pour tous les pilotes des forces aériennes et spatiales israéliennes(IAF).

La cérémonie de remise de diplôme avait eu lieu à la base aérienne de Hatzerim, près de la ville de Beer Sheva, en présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et du commandant de l’armée de l’air, le général de division Amikam Norkin. Ce dernier Norkin avait également mis l’accent sur la présence du lieutenant Y. «Des membres distingués de la communauté éthiopienne sont ici aujourd’hui, des universitaires et des personnalités publiques; votre présence envoie un message important…. Je suis fier de vous, lieutenant Y »,avait-il fait savoir.

Le lieutenant Y ‘voulait à l’origine servir dans l’armée de terre de Tsahal, mais a décidé de rejoindre le cours de pilotage après avoir reçu une lettre de convocation. « A chaque étape, je pensais que je n’accéderais pas à la prochaine étape. Je me disais que c’était la dernière fois, puis je découvrais que j’avais réussi », a-t-il expliqué dans une interview publiée sur le site des forces armées israéliennes. « Nous étions 315 cadets au départ et je savais que seulement 30 obtiendraient leur diplôme. Je me suis dit, pourquoi devrais-je faire partie des 30? »

Malgré ses doutes doute, le lieutenant Y ‘n’a pas voulu abandonner le cours. Il est né et a grandi à Petah Tikva,une ville d’Israël dans le district central, au nord-est de Tel-Aviv. Il a fréquenté les écoles religieuses, y compris les prestigieux lycées Yeshiva. Sa mère est infirmière et son père est agronome – son père a émigré d’Éthiopie en 1986 et sa mère a émigré en 1984, à l’âge de 16 ans. « Quand ma mère a appris qu’elle pouvait déménager en Israël, elle s’est disputée avec mon grand-père jusqu’à ce qu’il soit d’accord », a fait savoir le lieutenant Y ‘.

Ce dernier s’est enrôlé et a rejoint la formation de pilote à l’âge de 21 ans. Même après un an et demi de stage, il est resté hésitant quant à sa vocation comme pilote. L’un de ses moments les plus mémorables s’est produit au cours de l’étape de vol d’essai, qui a eu lieu un an après le début du cours, ce qui détermine la façon dont les cadets sont divisés en divers groupes. « Je n’avais aucune préférence avant les vols d’essai, mais pendant le vol d’essai des avions de chasse, j’ai réalisé que c’était ce que je voulais. Puis ils m’ont dit que je n’avais pas réussi. J’ai senti que j’avais raté – ils ont dit un » non « retentissant et je n’ai rien pu faire pour le changer ».

Par la suite, le lieutenant Y a réussi le vol d’essai du chasseur à réaction WSO (Weapon systems officer). Après six mois de formation WSO de chasseurs à réaction, le lieutenant Y ‘a décidé de terminer le cours. « J’ai réalisé que je voulais être WSO dans l’IAF. J’ai compris que servir en tant que membre d’équipage serait un grand privilège, important pour la sécurité d’Israël »,a-t-il fait savoir.

Le lieutenant Y a été décrit comme « sérieux et dévoué » par le rabbin Yehuda Sadan, chef de la Mechina de la colonie d’Eli,où elle a étudié. «Nous sommes heureux et fiers de Y, diplômé de notre chère et bien-aimée yeshivah qui vient de terminer sa formation de pilote. Bien sûr, le succès est le sien, mais nous nous sentons connectés et aimants. Lt. Y. a étudié avec nous pendant deux ans et demi, il a toujours été très sérieux et dévoué à aider les immigrants éthiopiens et à promouvoir les jeunes de sa communauté. Il est confiant et sait combien de forces et de talents il y a dans sa communauté, et il l’accompagne en tant que membre du peuple juif»,avait fait savoir le rabbin.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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