Médias: La journaliste soudanaise Nima Elbagir, lauréate de trois prix successifs

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Correspondante senior de CNN et auteure du retentissant reportage sur la vente aux enchères d’esclaves en Libye, elle a reçu, le jeudi 25 octobre, le prix « Courage en journalisme » décerné par l’nternational Women’s Media Foundation, une organisation basée à Washington et qui se consacre à renforcer la voix des femmes dans le monde entier.

Auparavant, Nima Elbagir a été récompensée, le samedi 13 octobre, lors de la 25 ème édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, grâce à son reportage « Une vente aux enchères d’esclaves en Libye », réalisé pour CNN.

Ce reportage choc avait révélé au grand jour , avec des images exclusives, le trafic dont sont victimes des migrants d’Afrique subsaharienne dans ce pays, suscitant une indignation internationale. Ces images chocs l’avaient propulsé sur le devant de la scène internationale.

Les Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre récompensent chaque année les meilleurs reportages réalisés dans des conditions périlleuses. Le jury international était présidé cette année par Christiane Amanpour, l’ancienne journaliste vedette de CNN.

Bien plus, début octobre, Nima Elbagir a été lauréate du prix « Courage en journalisme » de la Fondation Maychidiac qui se consacre à la formation, à la recherche et à l’éducation sur les questions relatives aux médias, à la démocratie et au bien-être social.

Journaliste des terrains difficiles

Née au Soudan en 1978 , Nima Elbagir est diplômée de la London School of Economics. Elle a débuté sa carrière en 2002 comme journaliste freelance à l’agence Reuters, en couvrant les conflits au Darfour, au Soudan, son pays d’origine.

Par la suite, elle est brièvement correspondante correspondante en Afghanistan, avant de revenir à son terrain de prédilection : l’Afrique. En 2005, elle a rejoint la chaîne anglaise Channel 4.

Nima Elbagir a rejoint CNN en février 2011 en tant que journaliste, au siège du réseau à Johannesburg, avant de s’installer à Nairobi. Elle a réalisé des reportages dans certains des endroits les plus sombres et les plus difficiles en Afrique. Elle s’est rendue en Somalie au plus fort de la famine dans la Corne de l’Afrique.

Des reportages exceptionnels

En 2007, elle a été la seule journaliste d’un média occidental à se rendre en Somalie lorsque les bombardements de l’armée américaine ont débuté.

Elle a également été la première journaliste internationale à se rendre à Chibok, un village du nord du Nigeria, où plus de 250 écolières ont été enlevées par le groupe terroriste Boko Haram.

Lors de ce reportage , elle avait apporté des preuves de vie des filles enlevées en 2014 par la secte du Nigeria et interviewée deux exciseuses. Par ailleurs, son reportage, qui a duré six mois, sur le passage des migrants depuis le delta du Nil jusqu’à Rome, lui a valu, en 2016, d’être primée par la Royal Television Society.

Elle a également couvert la chute de Hosni Moubarak en Égypte et interviewé la veuve de Mouammar Kadhafi. En 2014, Nima Elbagir a également réalisé des reportages sur l’épidémie d’Ebola qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest, pénétrant dans les zones de quarantaine du Liberia et explorant les ravages causés par la maladie.

En outre, un de ses autres grands reportages est relatif à l’histoire de Yehya Ibrahim, une Soudanaise condamnée à mort pour apostasie. Elle avait interviewé la famille et le mari d’Ibrahim. Les reportages d’Elbagir ont attiré l’attention du monde sur la situation critique d’Ibrahim, contribuant ainsi à générer la pression politique qui a finalement conduit le gouvernement soudanais à lui accorder un sursis. Nima Elbagir a aussi réalisé des reportages en République démocratique du Congo et en Centrafrique.

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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