Salma Sylla, première astrophysicienne du Sénégal

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En août 2018, la scientifique sénégalaise était membre de l’équipe d’astronomes sénégalais qui ont accompagné l’équipe New Horizons de la NASA, afin d’observer le survol d’un objet ancien appelé Ultima Thule (au-delà du monde connu), autre nom de l’objet 2014 MU6, en orbite juste au-delà de la planète Pluton.

La mission d’observation de l’occultation de 2014 MU69 au Sénégal consistait à observer le passage de 2014 MU69 devant l’étoile sur 21 sites d’observation situés dans les régions de Louga et Thiès . La mission était composée de chercheurs américains, français et sénégalais répartis sur les 21 sites. Ultima Thulé devait être visible dans la nuit du 3 au 4 août 2018 en Colombie et au niveau de trois autres pays en Afrique, dont le Sénégal.

La NASA a opté pour le Sénégal, pour  sa stabilité politique et de l’existence d’une équipe de chercheurs enthousiastes et d’une association très dynamique d’astronomes amateurs, l’association sénégalaise pour la promotion de l’astronomie (ASPA), a fait savoir Salma Sylla au site scidev.net.

Première doctorante sénégalaise en astronomie, Salman Sylla a toujours été passionnée par la science, les mathématiques et les sciences spatiales depuis le secondaire. Elle est détentrice d’un diplôme d’études approfondies en physique atomique et nucléaire de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Elle a été motivé de poursuivre un doctorat en astrophysique grâce à sa rencontre en 2010 avec le professeur Katrien Kolenberg, astrophysicienne belge, lors d’une conférence internationale organisée à Dakar par le professeur Ahmadou Wagué, ancien directeur de l’institut de technologie nucléaire Appliquée et regroupant des physiciens du monde entier.

Salma Sylla effectue son doctorat dans le cadre d’un partenariat entre le Sénégal, la Belgique, le Maroc et la France. Un projet qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative africaine pour le développement des sciences planétaires et spatiales (AFIPS). Ses travaux de recherche portent sur la comparaison du flux d’impact sur Jupiter et sur la lune, a-t-elle expliqué au site scidev.net. En pratique, il s’agit de surveiller les collisions météoritiques sur Jupiter et la lune à partir de télescopes positionnés au sol, afin d’apporter des contraintes au flux d’impact présent dans le système solaire, qui est mal connu.

L’objectif de ces travaux, a fait savoir Salma Sylla, est d’apporter des informations utiles pour la datation des surfaces planétaires, par comptage des cratères d’impact, qui sont les traces d’impacts météoritiques. « Il existe en effet une relation entre l’âge d’une surface et le nombre de cratères présents. Ces travaux pourront être appliqués dans le futur observatoire astronomique actuellement en construction. Cela permettra au Sénégal de nouer des partenariats et de participer à l’échelle internationale aux différentes campagnes d’observation d’impacts météoritiques pour lesquelles la communauté scientifique encourage les collaborations, afin d’augmenter les temps d’observation pour de meilleurs résultats. Il s’agit donc pour le Sénégal d’un projet qui favorise une insertion durable dans la communauté des astronomes », a indiqué Salma Sylla, dont le projet vient d’être sélectionné pour une bourse de mobilité vers la France dans le cadre d’échanges scientifiques.

Dans ce cadre, elle devrait donc bénéficier d’une bourse du gouvernement sénégalais, dont le soutien s’accompagne d’ambitieux projets dans le domaine spatial pour le pays notamment l’observatoire astronomique en construction à la cité du savoir à Diamniadio, et l’accord que le Sénégal a signé avec le Centre national d’études spatiales, en France (CNES).

Durant sa première année, Salma Sylla a bénéficié d’une bourse de la fondation Father Louis Bryuns, qui lui permis de séjourner en Belgique comme étudiante en visite scientifique à l’université d’Anvers. Elle bénéficie également du support de l’organisation des femmes en science dans les pays en voie de développement (OWSD), qui lui permet d’effectuer des visites scientifiques à l’observatoire de l’Oukaimeden, au Maroc.

Actuellement, Salma Sylla est en phase de préparation des campagnes d’observation des flashs d’impact sur Jupiter. Elle encourage les jeunes filles à embrasser les filières scientifiques car la science n’est pas une question de genre. «  Elles ont toutes les dispositions et la capacité intellectuelle de faire de brillantes carrières scientifiques et de participer au développement de la science à l’échelle locale et mondiale. Je les invite à découvrir la beauté de la science et à faire émerger la science pour le développement de leur pays. L’Afrique a besoin de plus de scientifiques pour combler son retard et l’implication des filles peut aider à améliorer les statistiques et à relever notre niveau de développement. Par ailleurs, en choisissant les filières scientifiques, les filles peuvent bénéficier de soutiens d’organisations telles que l’OWSD, qui soutiennent les femmes souhaitant faire de la recherche scientifique », a déclaré Salma Sylla.

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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