Éthiopie : Filsan Abdulahi, 28ans,devient la plus jeune femme ministre en Afrique

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Elle a été nommée ministre en charge des femmes, des jeunes et des enfants. Sa nomination par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a été approuvée le 12 mars par le Parlement éthiopien.

La plus jeune femme ministre en Afrique était Bogolo Joy Kenewendo,33 ans, ministre des investissements, du commerce et de l’industrie du Botswana. Pour sa part, Maha Issaoui, 32 ans, a été nommée, le jeudi 2 janvier 2020, secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé, dans le gouvernement de Habib Jamli, Premier ministre de la Tunisie. Au Mali, Kamissa Camara,37 ans, est la ministre de l’économie numérique et de la prospective depuis le 5 mai 2019, tandis que Kirsty Coventry,36 ans, est la ministre de la jeunesse, sport, arts et loisirs du Zimbabwe.

Avant de retourner en Éthiopie, Filsan Abdulahi était une consultante en orthophonie basée au Royaume-Uni. Elle est la fondatrice du «projet Nabad» – «Nabad» en langue somalienne signifie «paix». Il s’agit d’une campagne lancée pour la paix et la réconciliation entre divers groupes ethniques en Éthiopie.

Elle a récemment lancé « PeaceTV », la première chaîne de télévision privée et indépendante de la région somalienne d’Éthiopie. Elle est aussi la première femme en Éthiopie et dans la Corne de l’Afrique à avoir lancé une chaîne de télévision. En outre, elle participe activement à un projet de jeunes volontaires lancé par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.

Née dans la ville de Dire Dawa, dans l’est de l’Éthiopie, Filsan Abdulahi a passé la majeure partie de son adolescence et de sa vie adulte à Addis Abeba, où elle a obtenu son premier diplôme universitaire en leadership et en gestion à l’Université privée Unity. Par la suite, elle s’est rendue à Leister City en Angleterre pour effectuer des études en « Communications Science and Disorder », à l’université du Hertfordshire. Ce sont ses études dans le domaine de la communication qui lui ont permis de mettre en place le «projet Nabad».

Filsan Abdulahi a été élevée par ses parents somaliens qui sont de Jigjiga, la capitale de l’État régional somalien. La situation catastrophique des droits de l’homme dans la région, où elle avait toujours un lien en tant que Somalienne éthiopienne, l’a profondément touchée et motivée à mettre en place cette campagne.

« Je suis revenue ici alors que le pays s’effondrait, en particulier la région somalienne. Après que l’ancien président Abdi a été évincé de la région à la suite des violences du week-end du 4 août 2018, il y a eu beaucoup de confusion et de chaos. Il y avait différents groupes et mouvements dans la région. Nous avons constaté que des civils innocents étaient traumatisés et avaient besoin de conseils.Le 10 août, j’ai dirigé la campagne avec mon groupe parmi la communauté somalienne à Addis Abeba; dont un dans la région de Bole Michael. Nous avons essayé de les consolider pour avoir une conversation malgré ce qui se passait dans la région. Nous leur avons fait comprendre à quel point il est important d’avoir un pays et de le protéger », a fait savoir Filsan Abdulahi lors d’une interview avec le mensuel éthiopien Addis Standard.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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