Ethiopie : Meaza Ashenafi, première femme nommée présidente de la Cour suprême fédérale

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Sur proposition du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, l’avocate a été nommée à l’unanimité par le Parlement pour diriger la plus haute juridiction du pays.

Éminente militante des droits de l’homme, elle a récemment été conseillère en droits de la femme à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, basée à Addis-Abeba.

Meaza Ashenafi est née en 1964 dans la ville d’Assosa, dans l’actuel État régional de Benshangul Gumuz, dans l’ouest de l’Éthiopie. Elle est diplômée en droit de l’université d’Addis-Abeba et détentrice d’un Master en relations internationales de l’université du Kentucky (USA).

Elle a servi pendant environ trois ans au sein d’un tribunal de grande instance et a également été conseillère juridique à la Commission constitutionnelle éthiopienne, chargée de rédiger la première Constitution du pays. Elle a été juge à la Haute Cour d’Éthiopie de 1989 à 1992 et aussi membre de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Avocate active des droits des femmes en Éthiopie, elle a fondé et dirigé pendant 10 ans (1995-2004), l’Association des femmes juristes éthiopiennes, une organisation à but non lucratif .

En 2011, elle a co-fondé, avec 10 femmes influentes éthiopiennes, la première banque de femmes en Éthiopie, la banque ENAT, et en a présidé le conseil d’administration. La banque permet aux femmes d’accéder aux crédits et d’être plus autonomes.

En 1996, Meaza Ashenafi s’est faite connaitre du grand public en défendant un cas emblématique. La même année, Aberash Bekele, 14 ans, a été kidnappée sur le chemin du retour de l’école par un homme qui avait l’intention de l’épouser. Elle s’est échappée avec un fusil et a tiré sur son ravisseur.

Elle a ensuite été accusée de meurtre. Meaza Ashenafi a réussi à faire tomber les accusations et à déclencher un débat public sur la tradition séculaire de l’Éthiopie consistant à kidnapper des filles et à les contraindre au mariage. Tradition dénommée « Telefa ».

Grâce à cette affaire, Meaza Ashenafi a contribué à l’interdiction de ces enlèvements en 2004. L’histoire a fait l’objet d’un film en 2014 intitulé “Difret” et produit par l’actrice américaine Angelina Jolie. « Difret » retrace le long combat d’Ashenafi pour défendre la jeune fille qui risquait la peine de mort.

Le film a remporté plusieurs prix notamment le prix du public dans la catégorie cinéma dramatique international au festival du film de Sundance en 2014.

Meron Getnet (à droite) a incarné Meaza Ashenafi dans le film Difret

En 2003, Meaza Ashenafi a reçu le Hunger Project Award, dont le but est d’éradiquer la faim dans le monde, et a été nominée en 2005, au prix Nobel de la Paix pour son combat pour les droits de la femme et l’égalité des genres.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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