Les «Immortelles»,ces pionnières qui ont marqué l’histoire de l’Afrique

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A l’occasion de la célébration de la journée internationale des droits des femmes, Africanshapers s’inscrit dans un devoir de mémoire en rendant aux hommages aux « Immortelles », des femmes pionnières en Afrique, des avant-gardistes qui ont tracé le chemin pour l’actuelle génération. Décédées ou encore en vie pour certaines, peu connues du grand public, elles ont ouvert la voie à d’autres femmes de leurs pays et du continent.

Découvrez ainsi des mini-portraits de 30 pionnières africaines qui ont marqué l’histoire.

Jeanne Martin Cissé (Guinée)

Née le 6 avril 1926 à Kankan en Guinée et morte le 21 février 2017 à Conakry, Jeanne Martin Cissé a été une des premières enseignantes guinéennes de son pays et une femme politique, qui a été ministre des affaires sociales, sous le régime de Sekou Touré, et secrétaire générale de l’Union panafricaine des femmes.

En 1972, elle était devenue la première femme à présider le Conseil de sécurité des Nations unies. A cette époque, elle était la représentante permanente de la Guinée aux Nations unies. En 1974, Jeanne Martin Cissé avait été élue présidente du Comité spécial contre l’apartheid des Nations unies. Elle a ainsi effectué plusieurs déplacements en Europe, en Asie et en Amérique Latine, pour soutenir l’ANC au niveau international.

Dr Hawa Abdi (Somalie)

Née le 17 mai 1947 à Mogadiscio, elle est la première femme gynécologue de la Somalie, après avoir obtenu son diplôme de médecine en 1971 à à l’université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev. En 1979, elle a obtenu son diplôme de droit à l’université de Mogadiscio. Elle est la fondatrice de la Rural Health Development Organisation (RHDO), rebaptisée plus tard Fondation Dr Hawa Abdi, qui comptent des cliniques offrant des soins gratuitement ainsi qu’un camp humanitaire. Durant la crise alimentaire de 2011 dans la Corne de l’Afrique, ce camp a accueilli jusqu’à 90 000 personnes dont 75% de femmes. Le complexe de la Fondation Dr Hawa Abdi comporte un hôpital, une école et un centre alimentaire et fournit un abri, de l’eau et des soins médicaux aux femmes et aux enfants. Les soins sont dispensés par cinq médecins, dont les deux filles du Dr Hawa Abdi, Deqo et Amina, et 16 infirmières, qui reçoivent chaque jour 400 patients et pratiquent de nombreuses opérations chirurgicales. L’école primaire accueille 850 enfants dont une majorité de filles. La Fondation a aussi développé un programme d’agriculture durable pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire et lutter contre la famine et le réchauffement climatique.

Le financement des activités de la Fondation est essentiellement assuré par des expatriés somaliens. Dr Hawa Abdi est récipiendaire de nombreux prix.

Aïssata Touré Kane (Mauritanie)

Née le 18 août 1938 à Dar El Barka et morte le 10 août 2019 à Nouakchott, Aïssata Touré Kane a été la première femme ministre en Mauritanie,quand elle a été nommée ministre de la Protection de la famille et des Affaires sociales. En 1961, elle a fondé, avec quelques femmes, l’Union nationale des femmes de Mauritanie. Elle a également été fondatrice et directrice de publication de la revue «  Mariemou », consacrée à l’émancipation de la femme mauritanienne.

Aoua Keïta (Mali)

Née le 12 juillet 1912 à Bamako (alors au Soudan français, actuel Mali) et morte le 7 mai 1980, elle est l’une des premières femmes d’Afrique noire à obtenir un diplôme de sage-femme. Militante politique combattant pour l’indépendance du Mali. Elle est la première femme malienne à être élue députée de la Fédération du Mali à Sikasso en 1959. La Fédération du Mali regroupait le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey.

Aoua Keïta a ainsi participé à l’élaboration de la Constitution de la Fédération. Elle a joué un rôle politique de premier plan, au côté de Modibo Keïta, premier président du Mali. Elle a notamment été également la seule femme à prendre part, en 1962, à l’élaboration du Code malien du mariage et de la tutelle qui fut une grande avancée pour les droits de la femme au Mali.

Carmen Pereira (Guinée Bissau)

Née en 1936 et morte le 4 juin 2016 à Bissau (Guinée-Bissau), elle est la première femme chef de l’Etat en Afrique et la seule dans l’histoire de la Guinée-Bissau.

En effet, élue à l’Assemblée nationale populaire, dont elle fut vice-présidente de 1973 à 1984, elle a été présidente de l’assemblée nationale populaire bissau-guinéenne en 1984, pendant la période où la Constitution était suspendue à la suite du coup d’État de João Bernardo Vieira. À cette position, elle devint, pendant trois jours, présidente du Conseil d’État (Présidente part intérim du pays) jusqu’à la promulgation d’une nouvelle Constitution en 1984, devenant la première femme chef d’État d’Afrique et la seule en Guinée-Bissau.

Ruth Perry (Liberia)

Née le 16 juillet 1939 dans le comté de Grand Cape Mount au Liberia et morte le 8 janvier 2017 à Colombus (Ohio), elle a dirigé le Liberia après la destitution et le meurtre du président Samuel Doe, et la fin de la présidence d’Amos Sawyer, devenant la première femme africaine à diriger ce pays, sous forme d’un Conseil d’État, faisant office de présidence collégiale, et qui compte notamment comme membre Charles Taylor, qui présidera le pays de 1997 à 2003.

Richardene Kloppers (Namibie)

Née en 1926 et morte en 2014, elle fut la première institutrice noire de Namibie. Après avoir obtenu son diplôme d’enseignante en Afrique du Sud, elle se réinstalla en Namibie où, au début des années 1950, elle ouvrit à Old Location, quartier réservé aux Africains noirs de la capitale Windhoek, la première école multiraciale, déclarée illégale par l’administration de l’apartheid.

Rose Lokissim (Tchad)

Née en 1953 et morte le 15 mai 1986, elle est l’une des premières femmes à devenir soldat d’élite au Tchad. Militaire tchadienne, opposante à Hissène Habré, elle est morte en détention, après avoir consigné par écrit et fait passer à l’extérieur des témoignages sur la police politique du régime, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS).

Jeanne-Marie Ruth-Rolland (Centrafrique)

Née le 17 juin 1937 et morte le 4 juin 1995 à Paris, elle est considérée comme la première femme candidate à une élection présidentielle africaine, sous les couleurs du parti républicain centrafricain qu’elle a fondé et dirigé.Elle a aussi été responsable des services sociaux dans les Forces armées centrafricaines  ; où elle fut chef de bataillon. Elle a aussi été ministre des affaires sociales, de la condition féminine et de la solidarité nationale.

Alda do Espírito Santo ( Sao Tomé-et-Principe)

Née le 30 avril 1926 à Sao Tomé et morte le 9 mars 2010 à Luanda (Angola), cette femme de lettres (poétesse) et femme politique a été une figure emblématique de la lutte pour l’indépendance de Sao Tomé-et-Principe. Elle est l’auteure des paroles de l’hymne national du pays «  Independência total  ».

Pendant ses études à Lisbonne, Alda da Graça a rencontré des étudiants d’autres colonies portugaises et a rejoint une association étudiante appelée «  Casa dos Estudantes do Império  » ( la Maison des étudiants de l’Empire. NDLR). En 1951, elle a fondé Centro de Estudos Africanos avec d’autres étudiants intéressés par le nationalisme, dont Mário Pinto de Andrade et Agostinho Neto d’Angola, Noémia de Sousa et Marcelino dos Santos du Mozambique, et Amílcar Cabral de Guinée-Bissau.

Alda do Espírito Santo fut plusieurs fois ministre de l’éducation et de la culture, ministre de l’information et de la culture, également présidente de l’Assemblée nationale (entre le 12 mai 1980 et le 2 avril 1991). À sa mort, le gouvernement santoméen a décrété un deuil national de cinq jours.

Melody Millicent Danquah (Ghana)

Née le 6 janvier 1937 et décédée le 18 mars 2016, elle est la première femme pilote d’avion du Ghana. En 1963, elle a fait partie des trois premières femmes à être formées comme pilotes par la Ghana Air Force à l’académie militaire du Ghana. Elle a effectué son premier vol en solo le 22 juin 1964 à bord d’un de Havilland Canada DHC-1 Chipmunk et devenant la première ghanéenne à piloter un avion.

Asli Hassan Abade (Somalie)

Née en 1958, elle est la première femme pilote de la Somali Air Force. Elle s’est formée pour devenir pilote dans les années 1970 et a effectué son premier vol en solo en 1976.

Elle est devenue un membre éminent de l’armée de l’air somalienne et a participé au processus de réconciliation dans les années 2000 qui a conduit à la mise en place du gouvernement fédéral de transition de la Somalie. Elle portait en permanence les couleurs du drapeau somalien pour toutes les manifestations officielles, ce qui lui a valu le nom de code «Calansida» (le porte-drapeau).

En 2011, elle a transporté par avion des fournitures médicales vers un hôpital pour enfants de Mogadiscio pendant une sécheresse. C’était la première fois, depuis des années, qu’elle retournait en Somalie,où elle réside aujourd’hui. Elle a vécu plusieurs années aux USA, où elle a suivi une formation de pilote et a épousé un ingénieur aéronautique américain. Elle parle 7 langues.

Jeanne Gervais (Côte d’Ivoire)

Née le 6 juin 1922 à Grand-Bassam, sous le nom de Jeanne Ahou Siefer-N’Dri, et décédée le 9 décembre 20121, elle fut la première femme ministre de Côte d’Ivoire, en exerçant comme ministre chargée de la condition féminine de 1976 à 1983.

Membre du bureau politiquee du Parti démocratique de de Côte d’Ivoire (PDCI), elle fut l’une des 3 premières femmes élues de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire indépendante. Elle a été députée de 1965 à 1980.

Haissa Hima (Niger)

Le 2 février 1967, à l’âge de 17 ans, elle était devenue la première femme femme parachutiste du Niger. Née le 26 juillet 1951, Haïssa Hima, plus connue sous le nom de Haissa Mariko, a été recrutée au sein l’armée dans la promotion 1966. Elle a obtenu son diplôme de parachutisme le 20 février 1967, au cours de la cérémonie de présentation du drapeau national négérien aux recrues de sa promotion à Tondibia (Nord-Ouest de Niamey).

Elisabeth Domitien (République centrafricaine)

Née en 1925 et morte en 2005 à Bimbo, en République centrafricaine,elle fut la première femme nommée au poste de Premier ministre en Afrique, en 1974 et la 4e au monde. Elle a été nommée par Jean-Bedel Bokassa, dont elle était proche.

Elisabeth Domitien a fait son entrée en politique dans les années 50, tout juste âgée d’une vingtaine d’années. Elle intègre le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (MÉSAN), le seul parti politique légal de l’époque, dont elle devient vice-présidente en 1967.

Elle se joint au combat de Barthélémy Boganda pour l’indépendance de la Centrafrique alors connue sous le nom de l’Oubangui Chari. Elle est connue pour son franc-parler, sa maîtrise du sango (langue qu’elle parle beaucoup plus que le français), la force de ses discours et sa capacité à mobiliser les foules.Déjà, à l’époque, elle fustigeait le franc CFA et ses taux de conversion. Elle se brouille avec Bokassa car elle s’oppose à son projet de devenir emprereur. Elle est démis de son poste de Premier ministre, puis rappelée en 1979 pour être conseillère de l’empereur.

A la chute de Bokassa, en septembre 1979, jugée, emprisonnée de novembre 1979 et libérée en février 1981 après que le tribunal l’a finalement lavée des accusations qui pesaient sur elle.

Interdite de politique par le gouvernement Dacko, elle se retira de la vie publique pour se consacrer à ses affaires à Bangui et Bimbo.

En septembre 2003, elle a participé au dialogue national organisé par le général Bozizé pour apurer les comptes du passé en sa qualité d’ancien Premier ministre.

Élisabeth Domitien s’éteint finalement le 26 avril 2005 à Bimbo et a reçu des funérailles nationales le 10 mai 2005.

Leopoldine Emma Doualla Bell Smith (Cameroun)

Elle est la première femme hôtesse de l’air de l’histoire. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires en 1956, à l’âge de 17 ans, Leopoldine Emma Doualla Bell Smitha suivi une formation supplémentaire d’hôtesse au sol à Paris et une formation en vol à l’UAT. Elle a commencé à voler en 1957 comme hôtesse de l’air avec UAT, qui fusionna plus tard pour faire partie de l’Union de transports aériens (UTA). En 1960, elle a rejoint Air Afrique, la compagnie aérienne créée pour desservir onze nations francophones nouvellement indépendantes qui étaient d’anciennes colonies de la France.Elle a aussi été promue chef de cabine d’Air Afrique.

En 1969, après douze ans comme hôtesse de l’air, Leopoldine Emma Doualla Bell Smith quitte Air Afrique pour devenir directrice de l’agence de voyages Reunited Transport Leaders à Libreville, au Gabon. Six ans plus tard, elle s’est installée à Washington pour étudier l’anglais à l’Université de Georgetown, où elle a également fait la connaissance de son futur mari, l’américain, Leroy Smith. Par la suite, elle est retournée au Gabon en 1976 et a été embauchée par Air Zaire (Ancienne compagnie aérienne nationale de la RDC) en tant que chef de gare et officier responsable à l’aéroport de Libreville. Elle a ensuite travaillé au Pérou et aux USA. En 2015, elle a été honorée à l’occasion du quarantième anniversaire de l’organisation Black Flight Attendants of America au Flight Path Museum de l’aéroport international de Los Angeles.

Loffo Camara (Guinée)

Née aux environs de 1925 et morte abattue par un peloton d’exécution le 25 janvier 1971 à Conakry, elle a été la première femme ministre d’un gouvernement en Guinée après l’indépendance et aussi dans toutes les anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne. Membre – pionnière du Parti démocratique de Guinée (PDG) et du Bureau Politique national du PDG, cette ancienne sage-femme était alors ministre des Affaires sociales de 1961 à 1968.

Gisèle Rabesahala (Madagascar)

Rabesahala a été la première femme malgache à être élue conseillère municipale (1956), chef de parti politique (1958) et aussi la première femme malgache nommée ministre en 1977. Surnommée aussi Gisou, elle est née le 7 mai 1929 à Antananarivo et morte le 27 juin 2011. Elle a milité pour l’indépendance de son pays.

Sophie Kanza (RDC)

Née le 8 février 1940 à Kinshasa et morte le 2 avril 1999 toujours à Kinshasa, elle a été la première femme ministre du pays. Elle est commissaire d’État (Ministre) des Affaires sociales de 1966 à 1967 à 1968. De 1969 à 1970, elle est ministre d’État des affaires sociales. Docteure en sociologie à l’université Harvard, elle a aussi été membre du conseil d’administration de l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et sous-directrice générale adjointe à l’UNESCO (1981 à 1985), chargée de mission auprès du directeur général de l’UNESCO (1985 à 1988).

Adrienne Ekila Liyonda (RDC)

Née le 16 octobre 1948 à Léopoldville (Kinshasa), elle a été la première femme ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la RDC en 1987, la deuxième femme en Afrique à occuper ce poste après Gaositwe Chiepe au Botswana en 1984. Elle occupera cette fonction de janvier 1987 à mars 1988.

Avant sa nomination, elle était Ambassadeur extraordinaire du Zaïre en Belgique et près la Commission économique européenne (C.E.E-aujourd’hui Union européenne) avec juridiction sur les Pays-Bas et le Luxembourg. Après l’obtention de sa licence en droit économique en 1974 à l’université catholique de Louvain (Belgique), elle rentre au Zaïre où elle est engagée comme conseillère économique de l’Agence Zaïroise de presse pendant trois ans, avant de devenir journaliste spécialisée en économie.

En 1976, elle intègre la commission permanente de la réforme du Droit Zaïrois nouvellement instituée et rejoint ensuite le collège juridique de la présidence de la République et le conseil d’administration de la société publique Gécamines. En 1983, elle est nommée ministre aux affaires sociales et condition féminine. Elle deviendra ensuite ministre de l’information et presse de mars 1988 à mai 1990. Elle s’installera plus tard en Belgique avec son époux où elle est décédée le 23 juin 2006 des suites d’une maladie.

Elizabeth Rukidi Nyabongo (Ouganda)

Aussi appelée la princesse Elizabeth de Toro, elle est née le 9 février 1936 à Fort Portal (Ouganda). Aristocrate, avocate, mannequin et femme politique ougandaise, elle est la première femme d’Afrique de l’Est à être admise au barreau anglais et a posé pour des magazines de mode notamment Vogue en 1968.

Elle a été brièvement ministre des Affaires étrangères de février à novembre 1974. Elle a aussi été notamment ambassadrice de l’Ouganda au Vatican, en Allemagne et aux USA.

Flora Nwapa (Nigeria)

Florence Nwanzuruahu Nkiru Nwapa, plus connue sous le nom de Flora Nwapa, née le 13 janvier 1931, à Oguta et décédée le 16 octobre 1993, à Enugu, est une écrivaine et éditrice nigériane. A l’âge de 35 ans, elle a été la première africaine à publier une nouvelle en langue anglaise. Soun ouvrage «  Efuru  » est parue dans la collection « African Writers Series » de la maison Heinmann à Londres, grâce notamment à Chinua Achebe. Flora Nwapa est également est la première femme africaine à créer une maison d’édition majeure «  Tana Press  » à Enugu.

Isaura Gomes (Cap Vert)

Née en 1944, elle a été la première femme Maire de Cap Vert, en devenant maire de São Vicente en 2004 et la première et seule femme députée du parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap Vert, de 1975 à 1981. Après l’obtention de son diplôme en Pharmacie au Portugal en 1967, elle travaille brièvement au Portugal avant de retourner au Cap Vert en 1970, qui est alors une colonie portugaise. Elle y dirige les activités secrètes du Parti africain, pour l’indépendance du Cap-Vert, à São Vicente, avant l’indépendance du Cap-Vert en 1975. Dans les années 1980, elle a été directrice nationale des pharmacies et a joué un rôle important dans le développement du système de santé au Cap Vert et a formé des techniciens en laboratoire et pharmacie. Elle a également joué également un rôle majeur dans la reconnaissance internationale de la chanteuse capverdienne Cesária Évora, son amie, poussant celle-ci, déjà bien connue sur l’île, à aller enregistrer à Lisbonne pour le dixième anniversaire de l’indépendance, sur une compilation de chanteuses insulaires.

Agathe Pembellot (Congo-Brazzaville)

Agathe Félicie Lélo Pembellot, née le 21 mai 1942 à Pointe-Noire, et morte le 13 octobre 2016 dans la même ville,est la première femme magistrate de la République du Congo. Après des études au Congo et à Paris, elle a prêté serment le 11 mars 1973, à l’âge de 30 ans, devenant la première congolaise magistrate. Elle est aussi la première femme à être admise comme membre de la Cour Suprême du Congo, la plus haute instance judiciaire.

Alexanda Lima ( Angola)

Elle est la première femme pilote de TAAG Transportes Aéreos Angolanos),a compagnie aérienne nationale de l’Angola. Capitaine. Jusqu’en 2014, elle était l’unique femme pilote d’un Boeing 777-300 en Afrique. Capitaine ((Pilote principal) depuis 2010,elle a commencé à piloter des vols commerciaux en 1985, avec avion Fokker, pour les vols intérieurs court-courriers. Elle avait rejoint TAAG à l’âge de 18 ans, comme agent de bord.

Paulina Chiziane (Mozambique)

Née 4 juin 1955 à Manjacaze dans la province de Gaza au Mozambique,elle est la première femme mozambicaine à publier, en 1990, un roman : Balada de Amor ao Vento (Ballade d’Amour au Vent). Elle vit et travaille actuellement dans la province de Zambézie. Dès l’âge de 18 ans, elle a adhéré au Front de libération du Mozambique (Frelimo), qui a remporté les premières élections multipartites en 1994. Mais, par la suite, elle a abandonné la vie politique pour se consacrer à l’écriture et la publication de ses œuvres, car elle ne partageait plus les choix du parti.

Eunice Adabunu (Togo)

Née en 1919, elle est la figure emblématique des «  Nana Benz  », célèbres femmes d’affaires du Togo. Elle a commencé à faire du commerce dans la rue à l’âge de 11 ans, en vendant des beignets, du sucre et des perles, avant de faire fortune dans le commerce de pagne, au marché de Lomé. À 47 ans, dont vingt-trois passés dans le commerce, elle s’est aussi engagée politiquement en devenant un des membres influents et un des piliers financiers du parti indépendantiste du Togo, le Comité de l’unité togolaise, de Sylvanus Olympio, quand celui-ci, ancien directeur de l’UAC, se lança dans la lutte de décolonisation.

Le célèbre magazine américain «  Ebony  » lui a consacré un article en mars 1963. Elle fait partie de la première génération des Nana Benz, avec d’autres comme Patience Sanvee, née en 1928 (décédée en août 2004), qui débuta à l’âge de 8 ans en vendant cigarettes et parfums dans la rue  ; Dédé Rose Creppy, née en 1935, Laura Doe Bruce, Julie Bocco, Nadou Lawson, Ayélé Santana et Manavi Sewoa Ahiankpor.

Caroline Faye Diop (Sénégal)

Née le 11 juillet 1923 à Foundiougne et décédée le 29 juillet 1992 à Dakar, elle a été la première femme députée et ministre du Sénégal. Elle a été députée entre 1963 et 1978, la première femme de l’histoire du Sénégal à intégrer l’Assemblée Nationale. Pendant dix ans, ell est la seule femme députée. En 1978, elle est nommée ministre de l’Action sociale, devenant aussi la première femme à occuper un poste ministériel au Sénégal. Par la suite, elle a été ministre délégué auprès du premier ministre de 1981 à 1982 puis ministre d’état de 1982 à 1983.

Elizabeth Mary Okelo (Kenya)

Elle a été la première femme directrice de banque au Kenya,où elle a dirigé Barclays Bank. Elle a aussi fondé Barclays Bank Women’s Association pour encadrer les femmes. Elizabeth Mary Okelo a aussi siégé et présidé de nombreux conseils d’administration, a travaillé à la Banque africaine de développement, où elle a préparé un document de politique sur les femmes dans le développement et à Women’s World Banking,une organisation à but non lucratif qui fournit un soutien stratégique, une assistance technique et des informations à un réseau mondial de 55 institutions de microfinance indépendantes (IMF) et des banques qui offrent du crédit et d’autres services financiers aux entrepreneurs à faible revenu dans le monde en développement, en particulier aux femmes. Elle y a joué un rôle déterminant dans la création de 6 filiales dans d’autres pays africains. Elizabeth Mary Okelo a été membre d’un groupe de travail au Kenya où les lois discriminatoires à l’égard des femmes ont été supprimées. Par ailleurs, elle est la fondatrice et première présidente du Kenya Women’s Finance Trust, une organisation de microfinance qui permet aux femmes d’accéder à des facilités de crédit. Elle est aussi la fondatrice et la directrice exécutive des écoles Makini, l’une des plus réputées écoles du Kenya, fondée en 1978.

Lucy Lameck (Tanzanie)

Lucy Selina Lameck Somi est née en 1934 près du mont Kilimandjaro. Politicienne tanzanienne, elle a été la première femme à occuper un poste ministériel au sein du gouvernement de la Tanzanie nommée par Julius Nyerere. Ainsi, entre 1962 et 1965, elle a été vice-ministre, en charge des coopératives et du développement communautaire. Elle a ensuite été vice-ministre de la santé entre 1967 et 1972.

Elle a suivi une formation d’infirmière en 1950, avant de se lancer en politique. Elle est entrée pour la première fois à l’Assemblée nationale du Tanganyika en 1960, avant d’être élue à l’Assemblée nationale de Tanzanie en 1965, siège qu’elle occupera jusqu’en 1992.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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