MC Kaninda : « l’application du processus de Kimberley permettra à la RCA d’exporter à nouveau du diamant »

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La directrice exécutive du conseil mondial du diamant (CMD) a fait cette déclaration dans son discours d’ouverture de la sixième édition de l’Africa Belgium Business Week (ABBW), qui s’est déroulée du 3 au 4 avril à Genval, en Belgique, en présence du président la république centrafricaine, Faustin-Archange Touadera.

Marie-Chantal Kaninda était la présidente d’honneur de cette 6 ème édition de l’ABBW dont la Centrafrique était le pays à l’honneur. « Nous avons l’honneur d’accueillir un pays qui a connu des turbulences politiques, communautaires et sécuritaires et qui aujourd’hui est en phase de résolution ce qui hier paraissait insoluble. Les pages de ce beau pays sont en train d’être réécrites »,a fait savoir la directrice du conseil mondial du diamant, qui a séjourné en RCA à plusieurs reprises, il y a quelques années, lorsqu’elle travaillait pour le groupe minier De Beers qui y avait des opérations d’explorations.

©LICHTFUS Sandrine

« Depuis plus de deux ans, j’occupe au sein du conseil mondial du diamant, le poste de directeur exécutif et cette organisation que je représente travaille très étroitement avec la république centrafricaine, dans le cadre du processus de Kimberley , organisation dans laquelle votre pays est très actif », a fait savoir Marie-Chantal Kaninda à l’attention président centrafricain, tout en précisant que le conseil mondial du diamant, dans le cadre du processus de Kimberley, attache une grande importance à la RCA et a accueilli avec joie, la signature de l’accord dit de paix. « Nous croyons qu’avec l’application de ce processus, la RCA pourra ainsi reprendre l’exportation des diamants, au travers du système de certification du processus de Kimberley. Et pour vous paraphraser « contribuer à tourner la RCA résolument vers son développent », a-t-elle fait savoir.

Le CMD, a rappelé Marie-Chantal Kaninda, est une organisation qui représente l’industrie du diamant de la production à la joaillerie. Elle est aussi la seule organisation représentant l’industrie au sein du processus de Kimberley qui a été créé en 2000 avec comme but d’éradiquer les diamants de conflit en les empêchant d’accéder au marché légitime des diamants. Les pays impactés par les diamants de conflit, à la fin des années 90, étaient la Sierra Leone, le Liberia et l’Angola.

Pour sa part, a également rappelé la directrice du CMD, le système de certification du processus de Kimberley a été co- créé par le conseil mondial du diamant et par les Nations Unis en 2003, conduisant ainsi à l’éradication des diamants de conflit.

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Le processus de Kimberley est composé de 81 pays membres, et d’observateurs, dont le conseil mondial du diamant, la coalition de la société civile et d’autres observateurs indépendants qui sont l’association des producteurs africains de diamants (ADPA) et le Diamond Development Initiative (DDI). Concrètement, a fait savoir Marie-Chantal Kaninda, le système de certification du processus de Kimberley garantit l’expédition des diamants bruts et les certifie comme étant exempts de conflit. Ainsi, à ce jour, a-t-elle indiqué, la Sierra Léone, le Liberia et l’Angola ont réussi à éradiquer les diamants de conflit et sont devenus des producteurs.

Faire des artisans de vrais entrepreneurs

Néanmoins, a regretté la directrice du CMD, comme dans beaucoup de pays d’Afrique sub-saharienne, que ce soit dans les secteurs minier, agricole, forestier ou autres, le travail se fait la plupart de temps de manière artisanale et informelle. Avec les conséquences néfastes relatives au travail des enfants mineurs , des femmes, et d’autres tares y relatives.

« Au Conseil Mondial du diamant, nous les encourageons plutôt à rectifier ces faiblesses, pour améliorer les conditions de ces artisans et leur permettre ainsi de devenir des vrais entrepreneurs respectueux des standards internationaux : bénéfice des communautés qui les entoure, pour le pays ; augmentation des revenus de l’État, par le paiement des taxes et des exportations. Ceci est vrai autant pour les mines, l’agriculture, que pour l’industrie forestière », a déclaré Marie-Chantal Kaninda.

Cette dernière a fait savoir que l’Afrique a besoin de se réveiller, et particulièrement l’Afrique sub-saharienne car, lorsque l’on parle de ce grand et beau continent, on parle encore trop de violence, de manque de démocratie, de pauvreté, de corruption, de tous ces maux et mots que l’on aimerait ne plus entendre. « Lorsque l’on parle de l’Afrique on se réfère encore trop souvent à l’aide au développement. Pourtant nous savons tous que le développent se fait au travers de l’éducation, du travail et de l’investissement. Il est temps que l’Afrique sub-saharienne, se lève et développe tout son potentiel humain, pour quitter le sous- développement et entrer dans une nouvelle ère de développement. Mais n’oublions pas une autre condition clé qui conditionne et promeut le développement et l’investissement, la sécurité juridique. Les textes qui réglementent des accords doivent être justes et équitables afin que les bénéfices s’en trouvent sécurisés et repartis parmi tous, et que les communautés en ressentent les retombées économiques », a fait savoir la directrice du Conseil mondial du diamant.

Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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