Elisabeth Moreno : « Les relations humaines sont au cœur des rôles de leadership »

Interview News

Dans cette interview exclusive accordée à Africanshapers, la Vice-présidente et Directrice générale de HP en Afrique aborde plusieurs questions notamment ses priorités pour le poste qu’elle occupe depuis janvier 2019 ; l’initiative HP LIFE (Learning initiative for entrepreneurs) composée de 30 modules de formation sur comment devenir un bon entrepreneur et aborde également son style de management basée sur le « Servant Leadership », inventé par Robert Greenleaf dans les années 70 aux États-Unis.

Vous avez été nommée vice-présidente et Directrice générale de HP En Afrique. Qu’est-ce qui vous a motivée à accepter ce poste ?

Commençons par les raisons personnelles. Je suis née en Afrique – aux îles du Cap vert- et j’ai dû partir assez jeune pour des raisons de santé. Mais j’ai toujours rêvé d’y retourner pour y vivre et y travailler. Je pensais initialement que je rentrerai dans mon « petit pays » et vous ne pouvez imaginer le privilège et la joie qui est la mienne de revenir sur le continent et de travailler avec tous les pays africains du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Je vais pouvoir apporter ma contribution et mon expérience mais je vais aussi beaucoup apprendre et cela me réjouit.

D’un point de vue professionnel, je dirige la filiale africaine d’une société internationale leader sur son marché et je travaille dans un secteur technologique en plein boom qui va avoir un impact significatif sur le développement économique et social du continent. C’est donc une superbe opportunité professionnelle.

Et enfin, j’aime donner du sens à ce que je fais. HP est implantée en Afrique depuis plus de 25 ans. Au fil du temps, nous avons mis en place des programmes de développement durable via notre fondation HP LIFE, notamment dans le secteur de l’éducation et de entrepreneuriat qui sont des domaines importants pour le développement de l’Afrique. J’ai donc la possibilité de combiner ma passion pour les technologies avec les besoins du continent où je suis née. Ce sont toutes ces raisons qui m’ont motivée.

En quoi consiste donc votre travail en tant que Vice-présidente et de Directrice générale de HP en Afrique ?

La mission d’HP est de créer une technologie qui rende meilleure la vie de chaque personne, de chaque entreprise et de chaque communauté aux quatre coins du globe. Ma mission en Afrique est de m’assurer que les Africains aient accès a cette technologie pour améliorer la manière dont ils vivent, dont ils étudient ou travaillent. Pour y parvenir, nous observons la manière dont les pays fonctionnent, les défis auxquels les gens sont confrontés. Pour vous donner un exemple concret, aujourd’hui, selon que vous vivez dans une grande ville ou bien dans une zone rurale, vous n’avez pas accès au même niveau d’éducation. Par manque de moyens, de ressources humaines, etc… Les technologies peuvent résoudre ces difficultés. Nous travaillons en ce moment avec plusieurs ministères des technologies ainsi que les ministères de l’éducation pour équiper les étudiants et leur donner les moyens d’étudier dans de meilleures conditions en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, au Maroc, en RDC et au Sénégal. Tous ces pays ont mis l’éducation et la formation au centre de leurs priorités et nous sommes heureux de les accompagner dans leur projet.

La société va aussi connaître de grands bouleversements démographiques dans les 30 prochaines années, avec 97% de la croissance qui se fera dans les pays émergents.

Tous ces événements auront bien sûr un impact sur la technologie et créeront une croissance économique majeure tout en bouleversant profondément les habitudes de consommations. Des changements dans ce que l’on achète,et comment on l’achète, réorienteront les marches vers une économie de services à la demande.

Parmi les autres méga-tendances à prévoir, nous anticipons également une « hyper mondialisation » et une accélération de l’innovation, où les gens vont s’attendre à ce que les produits et les services se déplacent pratiquement à la même vitesse que les idées.

Quand aujourd’hui, plus de 350 millions d’Africains sont connectés à Internet et où les hubs technologiques fleurissent dans 93 villes, on doit s’attendre à une explosion du nombre de startups atteignant une capitalisation de plus de $1 milliard, dans le secteur technologique.

Le numérique est une chance extraordinaire pour le développement de notre continent et cette 4ème révolution industrielle est à notre portée et elle peut changer notre histoire pour le meilleur. Que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la santé, l’agriculture, le commerce, les banques et finances ou entrepreneuriat, il y a des besoins partout et des solutions adaptées à chaque secteur.

Si je parviens à partager avec les pouvoirs publics africains et les acteurs du secteur privé, l’importance de la transformation numérique pour le développement social et économique du continent, et qu’ils acceptent de l’intégrer comme une priorité dans leur plans stratégiques, comme certains l’ont déjà fait de manière très bénéfique, alors j’aurais réussi ma mission.

Elisabeth Moreno avec le Dr Phumzile, Directrice générale d’ONU Femmes.

Quelle est l’envergure de HP aujourd’hui en Afrique ? Quel est le pays du continent où HP concentre le plus ses activités et pourquoi ?

HP a 80 ans d’histoire dont 25 ans sur le continent. L’Afrique est extrêmement important pour nous. D’abord, parce que notre marché est grand. La population africaine dépassera celle de la Chine d’ici à 2022. En 2035, l’Afrique aura la population active la plus importante du monde et doublera sa population totale à l’horizon 2050.

Cette croissance de la population conduira à une forte urbanisation. Et nous devrions passer de 10M de villes de plus de 10M d’habitants aujourd’hui à 50 méga villes dans 30 ans. Principalement en Chine et en Inde, mais aussi ici en Afrique. Dès 2025, Abidjan dépassera les 6M d’habitants et l’Afrique aura 3 des 15 plus grandes villes du monde (Lagos, le Caire et Kinshasa) et d’ici à 2075 Lagos deviendra la plus grande ville du monde.

Notre position en Afrique est bonne puisque nous servons 35 à 40% des besoins en PC et 50% sur la partie des systèmes d’impression. Nos clients nous font confiance et ils aiment nos produits. Notre business modèle a fait ses preuves et nous en sommes heureux mais il reste encore beaucoup à faire.

Quelles sont vos ambitions à ce poste   et quelles sont les activités que vous avez déjà menées depuis votre prise de fonction ?

Mes ambitions sont triples et elles concernent en priorité les deux piliers de la croissance en Afrique à savoir notre jeunesse, l’entrepreneuriat et la formation sur les enjeux du numérique dans le secteur public en particulier, puisque la bonne volonté de nos gouvernants est importante pour accompagner le développement du numérique sur le continent.

L’éducation est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Nous avons le continent avec la population la plus jeune du monde. Cela peut-être une véritable opportunité si nous en prenons soin des aujourd’hui ou un véritable défi si nous ne faisons rien.

Je suis convaincue que si nous formons bien notre jeunesse, nous sortirons notre continent de la pauvreté économique. Elle pourra créer sa propre source de revenus et acquérir ainsi une autonomie financière en créant une entreprise ou alors apporter ses compétences à une entreprise locale ou internationale. Et nous savons tous que l’une des clés du succès pour les entreprises, c’est la connaissance. Il s’agit de savoir quels marchés cibler, comment commercialiser leur produit, comment identifier les clients, comment être payé en utilisant les dernières technologies digitales…

De même, nous établissons des partenariats pour promouvoir l’emploi des femmes dans le numérique. Elles constituent elles aussi les forces vives et créatives de l’Afrique et nous nous devons de les soutenir. Les aider à sortir de l’économie informelle pour permettre à leurs « petites affaires » de fructifier et de durer. Nos réseaux de distributeurs et de représentants formés et certifiés sont à ce titre un point d’appui considérable dans les pays africains. L’Afrique est le continent ou il y a le plus fort taux de femmes entrepreneures. Si nous leur donnons un coup de main dans leur développement, c’est tout le continent qui en bénéficiera.

Elisabeth Moreno en Afrique du sud dans un centre HP LIFE.

HP va créer 30 modules de formation sur comment devenir un bon entrepreneur. Pourriez-vous nous en dire davantage sur ces modules ? Lieu, durée, critères de sélection des candidats, etc. ?

Ces modules de formation existent déjà. Notre objectif est le développement de l’apprentissage lié à entrepreneuriat à travers notre initiative HP LIFE (Learning initiative for entrepreneurs). Nous souhaitons aider toutes les personnes qui le souhaitent à développer leurs compétences entrepreneuriales pour, soit créer leur entreprise, trouver un nouveau travail ou se développer dans leur carrière. On peut y trouver des formations telles que : démarrer une petite entreprise, la communication dans le business, les basiques de la finance, le marketing sur les réseaux sociaux, les e-mails professionnels ou l’impression 3D. Il suffit de s’inscrire sur le lien https://www.life-global.org/. Ces formations existent en 25 langues.

Depuis 2016, nous avons pu aider plus de 16,000 jeunes entrepreneurs en Tunisie et 10,256 au Nigeria.

En Décembre 2018 nous avons inauguré un centre HP LIFE et nous nous sommes engagés à favoriser l’éducation de 100.000 entrepreneurs de plus à travers toute l’Afrique dans les 3 prochaines années.

Le dernier module de formation mis à la disposition des entrepreneurs sur l’impression 3D est disponible en 7 langues et regroupe déjà près de 4000 étudiants qui ont acquis des compétences et connaissances essentielles pour se préparer aux emplois du futur qui seront apportés par la 4eme révolution industrielle.

Nous avons en plus construit depuis 10 ans, un partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel pour aider les jeunes entrepreneurs à se préparer à l’impact de la 4eme révolution industrielle sur les nouvelles compétences et les nouveaux emplois.

Nous venons également de signer un accord avec l’ONG Education Can Not Wait qui se bat pour former les enfants qui vivent dans les pays en situation de crise et de guerre.

Lors de la signature du partenariat avec le ministre de l’éducation du Maroc S.E Saadi Mzazi

Quels sont les enjeux et les défis aujourd’hui en Afrique dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. Comment se positionne HP par rapport à ces défis et enjeux sur le continent ?

L’Afrique est au début de sa transformation numérique. Et le potentiel est immense notamment pour stimuler l’innovation, entrepreneuriat et la croissance économique.

Un déploiement ad hoc des technologies pourrait aider nos pays a résoudre nombreux de ses problèmes, que ce soit pour faciliter la communication, faciliter la mobilité, stimuler l’apprentissage, favoriser la médecine à distance, améliorer la productivité, etc, etc…

Enfin, le potentiel en terme de création d’emplois est non négligeable . Notre continent est celui qui connaît la plus forte croissance au monde. 7 des 11 économies les plus dynamiques se trouvent chez nous, le boom démographique nous garantit la population active la plus importante au monde dans une quinzaine d’années. Cette jeunesse a besoin d’être formée et équipée pour répondre aux enjeux sociaux et économiques locaux et internationaux auxquels nous sommes confrontés. C’est une opportunité pour nos jeunes que nous ne devons pas laisser passer ; bien formés ils peuvent non seulement contribuer aux besoins de développement de l’Afrique mais ils peuvent aussi être une solution à la pénurie de talents que nous rencontrons dans les métiers du numérique partout dans le monde, et exporter nos talents serait excellent pour notre développement à l’international.

Quels sont, selon vous, les pays africains où la révolution numérique est la plus remarquable ? Qu’est-ce qui justifie cela ?

Le Rwanda fait aujourd’hui figure d’exemple dans l’adoption des technologies pour son développement économique et social. Que ce soit dans le secteur de la santé, de l’éducation, de la formation, de l’agriculture ou des services bancaires, Le pays met l’innovation technologique au cœur de sa stratégie de modernisation et de croissance, ceci même dans les secteurs sociaux. Après Smart Africa, leur programme de Digital Ambassadors (les jeunes issus des grandes écoles vont apprendre à leurs communautés les bénéfices des outils digitaux), ils s’attaquent à la smart city ! Il leur reste des efforts à faire pour éviter la fracture numérique entre les grandes villes et les zones rurales mais globalement je suis impressionnée par l’avance technologique qu’ils ont prise sur le continent.

Dans les grands pays africains, L’Afrique du sud ou le Nigeria sont également très engages dans leur adoption des solutions numériques et d’autres pays comme la Tunisie ou l’Île Maurice ont considérablement booste leur économie grâce aux innovations que permettent les technologies numériques.

En Afrique comme dans le reste du monde, l’influence des dirigeants privés et la volonté de l’État sont essentiels pour le bon développement du numérique. Les investissements humains et financiers sont si importants que si le sujet n’est pas mis au cœur de la stratégie du pays et des entreprises, cela ne peut fonctionner. Un leadership éclairé et visionnaire est fondamental pour la réussite d’’une telle transformation qui touche tous les pans de la société.

Vous avez plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des technologies de l’information. Qu’est-ce qui continue à vous faire réveiller chaque matin ? Quelles sont vos motivations quotidiennes dans la réalisation de vos objectifs ?

Travailler dans un secteur en réinvention permanente est très stimulant. Travailler dans un secteur qui impacte tous les domaines de la vie est passionnant. Les technologies nous facilitent la vie au quotidien. Pouvoir être en connexion permanente avec les personnes que l’on aime, pouvoir effectuer des opérations bancaires ou autres à partir de son téléphone, pouvoir suivre une conférence d’un éminent professeur de Harvard en étant à Praia ou à Lomé, c’est fantastique, pouvoir suivre un cours de chez soi tout en interrogeant le professeur, c’est fabuleux !

On ne s’en rend plus compte mais tout cela n’était pas possible il y a encore 15 ans. Les technologies démultiplient les possibilités et nous donnent davantage de pouvoirs et nous donnent en plus le don d’ubiquité, c’est fabuleux, alors je ne m’en lasse pas!

Quel est votre style de management ? Et quels sont, selon vous, les qualités et les compétences requises pour être un bon manager et un bon leader?

J’ai découvert il y a quelques années la théorie du « Servant Leadership », inventée par Robert Greenleaf dans les années 70 aux États-Unis. Face à la crise de sens et de confiance qui existe aujourd’hui au sein des entreprises, cela me semble être la meilleure manière d’accompagner nos équipes vers le succès individuel et collectif. Il faut garder à l’esprit que nos entreprises existent parce que nos clients existent. Et chacun de nos collaborateurs a le pouvoir de nous faire gagner des clients… ou de nous en faire perdre. Je crois que notre responsabilité en tant que leader est de veiller à créer un environnement ou les relations humaines sont privilégiées, favoriser un environnement collaboratif la prise d’initiatives est encouragée, ou les personnes se sentent responsabilisées et respectées. Je suis là pour partager une vision et donner une direction et les moyens possible pour atteindre nos objectifs. Je dois ensuite pouvoir faire confiance aux personnes avec lesquelles je travaille pour que la stratégie et les objectifs associés soient correctement exécutés.

Cela ne m’empêche pas d’être exigeante et d’attendre le meilleur de chaque co-équipier car nous sommes là pour garantir la performance et le résultat de nos activités. Mais, au fil du temps, j’ai réalisé que plus l’environnement de travail est sain, plus les objectifs sont clairs, plus chacun se sent respecté et considéré, plus les résultats sont bons.

Quels sont les challenges auxquels vous faites face dans l’exercice de votre travail et comment arrivez-vous à les surmonter ?

Je suis confrontée à plusieurs challenges. Le continent est vaste et les enjeux sont nombreux. Il faut bien choisir nos priorités pour éviter de s’éparpiller.

Les demandes évoluent en permanence dans un marché hyper concurrentiel. Il nous faut être au plus proche de nos clients et valoriser en permanence nos solutions afin de les adapter aux usages. Trop souvent les discussions ne portent que sur l’aspect tarifaire alors nous parlons d’investissements sur le long terme ayant des impacts sur la productivité bien sur mais également sur l’environnement.

Et de manière plus anecdotique, l’Afrique est très diverse et variée. Et nous pouvons être très créatifs dans notre manière de travailler sans compter le fait que nous n’avons pas la même notion du temps. Cette créativité et ce « décalage horaire » ne sont pas toujours adaptés aux grands groupes internationaux qui recherchent la prédictibilité et la garantie que les choses se passeront comme elles étaient prévue.

Quelle est la journée type d’Élisabeth Moreno ? Comment organisez-vous vos journées ?

Je n’ai pas vraiment de journées type et c’est probablement pour cela aussi que j’aime mon métier. Je peux passer de journées entières à rencontrer mes équipes et mes collègues, mes partenaires et nos clients, comme je peux passer toute une journée à peaufiner notre stratégie en termes de ressources humaines et matérielles pour répondre à nos enjeux à court, moyen et long terme.

Je peux rencontrer les ministres des TIC ou de l’éducation le matin et faire une conférence dans une école des quartiers défavorisés l’après-midi.

Et, bien sûr, comme beaucoup de personnes qui ont choisi ce genre de métier, l’équilibre vie personnelle et vie professionnelle est parfois difficile à trouver. Mais je jongle avec les astuces technologiques pour y parvenir car ma famille est ma source d’épanouissement !

Finalement, ce que j’ai appris avec le temps, c’est qu’íl faut planifier et avancer de manière disciplinée, pas à pas. Mais il faut aussi accepter que les choses ne se passent pas toujours comme on l’avait prévu et il faut laisser de la place a cette inconnue qui peut changer la donne pour le meilleur ou pour le pire !

Avec le Ministre des NTIC de Cote d’ivoire, Claude Isaac DE.

Quels sont les points positifs et les points négatifs de votre métier ?

Le positif : j’aime travailler dans un environnement international, fréquenter des cultures différentes et apprendre en permanence. J’ai le goût du challenge car il fait grandir et j’y suis confrontée régulièrement. Ce métier demande aussi beaucoup de travail, une très grande adaptabilité, et une remise en question permanente sur soi et sur l’organisation que l’on dirige. De nos jours, il faut réinventer nos business model et nos structures régulièrement pour suivre l’évolution de plus en plus accélérée de nos sociétés.

Les relations humaines sont également au cœur des rôles de leadership. Que ce soit au sein de nos entreprises, avec nos clients ou nos partenaires, avec les institutions publiques et privées, avec la presse, les médias, bref, nous sommes connectés aux autres en permanence et cela nous permet souvent de belles rencontres.

Enfin, j’ai le sentiment de faire quelque chose d’utile, qui sert à la société et cela m’est agréable. Je suis bien sûr consciente des dangers potentiels des technologies mais, comme tout outil, ils sont fabriqués par les humains, pour les humains. A nous de décider de l’usage que nous souhaitons en faire.

Quant aux points négatifs, j’aimerai parfois arrêter le temps. Tout va parfois trop vite. On n’a jamais le temps et les ressources suffisantes pour tout faire.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu dans l’exercice de votre activité professionnelle  ?

« Sois toi-même et donne le meilleur de toi pour ne pas avoir de regrets »

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière dans votre carrière ?

N’avoir jamais abandonné mes études même dans les moments les plus difficiles. C’est ce qui m’a permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. Le travail et la ténacité. Pas le travail dur et acharné, non. Le travail avec du sens, avec un objectif. Pas à pas. Avec le plaisir de savoir qu’un jour cela mènerait forcement à quelque chose. Et A force de rêves et d’espoirs, on y arrive. Tout est possible dans la vie, il suffit d’y croire, d’avoir une bonne discipline et de s’engager pleinement à atteindre nos objectifs. Et avant de s’engager pour les autres, c’est un engagement envers nous-même.

Vous avez fondé le Cabo Verde Business Club. Quel en est l’objectif et quelles sont les activités que mène ce club  ?

J’ái toujours voulu faire quelque chose pour mon pays. Contribuer à son développement. Et j’ai choisi celui de entrepreneuriat puisque c’est celui que je connaissais le mieux. J’ai réuni quelques entrepreneurs français et cap-verdiens et nous nous sommes lancés. Notre objectif était de créer un pont entre le Cap vert et la France. Créer un environnement d’affaires qui permettent aux entrepreneurs des deux pays de se connecter en toute confiance, par le biais de réseaux et de faciliter les relations d’affaires, de créer un climat d’affaires de confiance, d’apprendre ensemble, de partager les problématiques et les solutions pour briser la solitude des petits entrepreneurs. Ça a été l’une de mes plus belles expériences associatives, surtout pour l’organisation de la semaine du Cap vert a Paris en 2007.

Avec S.E Monsieur Hercules Cruz, Ambassadeur du Cap vert en France, lors de la remise de prix Africa Rise par Le Club Efficience à Paris

Quels sont vos projets ?

Réussir mon retour en Afrique d’un point de vue personnel et familial, et d’un point de vue professionnel en faisant d’HP un acteur clé de la transformation digitale pour le continent ; créer une fondation portant des projets éducatifs ; Écrire…

Bio Express  :

Elisabeth Moreno, est diplômée d’une maîtrise en droit des affaires de l’université Paris XII et d’un double Executive MBA de L’ESSEC Paris et de l’université de Mannheim, en Allemagne. Elle a demarré sa carrière dans les technologies il y a plus de 20 ans, débutant dans le secteur des télécommunications chez France Telecom en 1998 avant de rejoindre le constructeur informatique Dell en 2002. Après avoir dirigé la filliale française du groupe Lenovo, ùu elle est restée 7 ans, elle rejoint le leader mondial informatique HP Inc. en 2019, pour diriger les activités commerciales de la zone Afrique. Elisabeth Moreno est également une femme d’engagements. Elle est juge consulaire bénévole au tribunal de commerce de Bobigny et est également investie aux côtés d’associations oeuvrant en faveur de l’éducation, de l’inclusion et de la mixité professionnelle. Attachée à sa double culture franco-cap-verdienne, elle fonde en 2005 le Cabo Verde Business Club pour promouvoir les relations d’affaires entre les entreprises françaises et cap-verdiennes. En décembre 2018, elle a reçut le prix de l’entrepreneure de l’année remis par le gouvernement du Cap vert.

Age :48 ans

Statut (social, matrimonial) : vie maritale

Source d’inspiration : la nature

Livre de chevet :Sapiens de Yuval Noah Harari

Si vous aviez exercé un autre métier : Medecin

Si vous étiez un personnage dans l’histoire ?

L’afro-américaine Mary Mc Leod Bethune née en 1875 en Caroline du Sud. Fille d’esclave, elle a réussi à devenir enseignante. Éducatrice passionnée, féministe convaincue, militante pacifiste des droits civiques, femme d’influence, elle créa des écoles privées pour les enfants afro-américains lorsque l’enseignement leur était refusé partout ailleurs et elle aida à créer l’association nationale des femmes racisées. Elle fonda également le Conseil national des femmes noires et elle occupa un poste de conseillère pour les présidents Roosevelt et Truman. Elle a consacré une grande partie de sa vie à enseigner aux populations américaines, indépendamment de leur couleur de peau, les accomplissements du peuple noir à une époque où une large majorité des citoyens américains pensaient que les Noirs étaient biologiquement sous-humains. Elle fut la seule femme noire présente lors de la création des Nations unies.

Et puis Mandela s’il n’y avait pas eu les 27 ans de prison 😊

Citations préférées : Visez toujours la lune, si vous la manquez, vous tomberez dans les étoiles (O. Wilde)

Croyez en vous, apprenez et ne cessez jamais de vouloir construire un monde meilleur (M.Mc Leod Bethune)

Un mot qui correspond à votre vision de la vie : Espoir

Hobbies : temps en famille et entre amis, voyages, lecture, conférences, s’asseoir sous un arbre et méditer 😊

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Patrick Ndungidi
Journaliste et Storyteller
https://africanshapers.com

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